Baby-blues et solitude : ce qui se passe dans la tête après un accouchement

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Mes accouchements remontent à loin, et la DPP n'est pas le souvenir que j'ai gardé. Cependant, je me souviens très bien après la naissance de mon premier enfant, je ne m'habillais pas, je traînais toute la journée en survêt moche, quand mon compagnon rentrait du travail j'avais déjà 1 heure de 5 à7 dans les oreilles, (ça dure quelques semaines, le bébé pleure, mais on ne sait pas pourquoi, de 17h à 19h :cry:) c'était trèèèès éprouvant, j'enfilais juste un jean et je sortais de l'appart, prendre l'air et écouter les sons de la vie normale, je pensais bien à la fatigue de mon compagnon, mais tant pis, c'était une question de survie mentale ! J'avais une vie relativement végétative, mais je ne me souviens pas d'avoir été déprimée. Mon bébé avait un petit problème de santé, qui passe tout seul en général, mais qui là, persistait et risquait de nuire à son développement, il a été hospitalisé pour une intervention, quelques jours. Il avait 2 mois, et là, je crois que ça a été le déclic, la séparation m'a fait prendre conscience de mon attachement viscéral avec mon bébé, j'ai senti tout le courage qui couvait en moi, se réveiller, là, je suis passée en mode supermaman, j'ai réussit à reprendre mon bébé, malgré les doutes du personnel hospitalier, je savais que mon bébé irait mieux dès qu'il reviendrait hezc nous, je ne me suis pas laissée influencer, ayé, j'étais mère ! :rockon:(en fait j'avais 23 ans, et l'air d'en avoir 17 ... on ne me prenait pas toujours très au sérieux)
Pour mes 3ème et 4ème enfants, j'ai eu une sage-femme pour toute la préparation, et suites d'accouchements, extraordinaire. Très généreuse en conseils en tous genres, même si elle savait que j'étais déjà mère. Elle était prévenante, bienveillante, savait se rendre disponible, j'avais l'impression qu'elle était une copine, ce qui aurait put arriver si elle n'était pas partie travailler ailleurs.
Cette sage-femme avait travaillé dans des services maternités qui accueillaient des personnes en difficulté, toxico, SDF, suite de viols ... Elle avait aussi travaillé dans des camps de réfugiés en Afrique, autant dire que des mamans déprimées elle en avait connu, elle connaissait bien le problème, et même plus. Heureusement qu'elle était là, parce que j'étais très éloignée de ma famille, et même de mes aînés, et franchement ma belle-mère était d'une inutilité douloureuse, j'avais aussi le soutien de l'arrière grand-mère de mes enfants, très présente, maintenant que j'y repense, elle savait ce que c'était qu'être seule.

Je confirme qu'on ne parle pas assez de cette période après l'accouchement.
Je relève la phrase (lue plus haut, mais que je ne retrouve pas) : du moment que le bébé va bien ... Nan, mais sans dec !!! :drama: :facepalm:
Et, la remarque, qu'avant, les femmes se soutenaient pour tout ce qui concernait les naissances, les mères, les grand-mères, les sœurs, les belles sœurs, les voisines .... Il ne tient qu'à nous d'en faire autant avec nos proches la prochaine fois que nous en aurons l'occasion, c'est si dommage d'avoir perdu cette belle et si utile solidarité. Je ne pense pas qu'on évitera systématiquement la DPP, puisqu'il y a des facteurs hormonaux et tout ... Mais on peut empêcher le problème de la solitude, et ça sera déjà pas mal. :highfive:
 

Lix

Member
28 Mar 2019
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Un jour on se rends compte qu'on reprends la main sur notre vie... qu'on se regarde à nouveau dans le miroir, qu'on prends plaisir à manger et à cuisiner, qu'on peut lire à nouveau un bon bouquin, reprendre ses loisirs doucement, remettre de la dentelle... avec les sourires et les câlins de son bébé en prime !
Je me reconnais dans cette phrase
 
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Aquajoula

Twinkle, twinkle, little bat
2 Jan 2019
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Ce serait possible dans le futur article sur la dpp de dire que les conjoint des personnes ayant accouchées peuvent être touché également
 
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Sophie L

Well-known member
11 Mar 2019
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Je n'ai pas vraiment eu de baby blues mais j'ai un peu pleuré et ressenti de la fatigue et de la peur suite à la naissance de mon fils. Les raisons : allaitement difficile, prise de conscience de ce qu'est avoir un enfant, sensation d'enfermement à la maternité, corps changé et intimité exposée.
Pourrais-je avoir une source fiable sur le rôle de la supposée "chute d'hormones" incriminée ? Une étude scientifique avec échantillon de personnes significatif et mesures précises.
Non parce que si cette chute est indéniable, comment peut-on prétendre que c'est elle qui agit sur le cerveau et non un processus psychologique ?... Je suis sceptique et je trouve que c'est un peu insulter l'intelligence émotionnelle des femmes.
 

Albertine

Classic shit.
3 Jan 2019
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Dans les champs.
Perso après avoir accouché et vécu les suites de couche, je me suis vraiment énervée contre ce que véhicule la société sur le "baby blues" ou la DPP (bien que différente). On réduit ça à une chute d'hormones ou une difficulté à prendre sa nouvelle place, mais ce que j'en pense c'est surtout que si on avait un congé pat et mat de la même durée, si on enseignait aux petits garçons autant qu'aux petites filles de prendre soin des autres, si on ne faisait pas exclusivement reposer le bien-être de l'enfant sur la mère, si on formait le personnel médical à la bienveillance et à l'accompagnement post-partum de façon cohérente (pas 36 discours différents) y'en aurait vachement moins, de soi-disant "chutes d'hormones". Je ne dis pas que ça n'existe pas, je dis que c'est un peu facile pour la société d'avoir une excuse tout trouvée pour les mères qui plongent ou qui sont en mode survie, alors que les causes sont avant tout sociétales.
 

PingouinMasqué

Well-known member
8 Jan 2019
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quand je lis les messages du forum, ça me fait repenser à la BD d'Emma sur le sujet, où elle explique que n'importe qui, soumis à un rythme identique à celui d'une jeune mère (manque de sommeil, corps en vrac et douloureux, réveils nocturnes fréquents, solitude) ferait une dépression et considèrerai la situation comme inadmissible.
Mais on part du principe que si tu es mère, et c'est presque pire depuis le développement de la contraception car "c'est toi qui l'a voulu", tu as le devoir d'encaisser ça sans broncher. Mais enfin, non!!
Je ne comprend toujours pas qu'en 2019 les pères n'aient que 11 jours de congé paternité. 11 jours. C'est ridicule!!! c'est même pas le temps pour faire l'administratif de base!
Si on rajoute à ça les mères qui ont un taf prenant et restent dispo même en congé maternité... Je suis presque surprise que l'espèce humaine ne se soit pas déjà éteinte XD.

Big Up aux mamans. Je vous admire tellement!!!
 

Savon

Well-known member
3 Jan 2019
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Evreux
www.chezsavon.net
Je lis toutes vos réponses et je peux vous dire qu'en étant maman par adoption, on peut aussi avoir un baby blues. L'arrivée de notre enfant, on n'y croyait pas vraiment. Et un jour, un coup de téléphone nous apprend qu'on devient parents et qu on a 10 jours pour se préparer. Grosse euphorie, une rencontre magique et un bébé adorable.... Et puis, l'arrivée à la maison où les premiers jours se passent bien. Sauf qu on se demande qui est cet étranger dans notre salon, pourquoi je ne l'aime pas d'un amour inconditionnel... Et la peur de mal faire, le sentiment d'être la plus mauvaise mère du monde, la fatigue qui tombe dessus avec l'impression de ne rien pouvoir contrôler. J ai beaucoup pleuré à l'arrivée de notre fils et j'avais honte en me disant que du qu on avait une chance folle d'être devenus parents et que je n'avais pas le droit d'être dans un état si "pénible" j ai eu peur de montrer ce que je ressentais (fatigue, incompréhension ... ) et de ne pas montrer l'image d'une mère épanouie... Parce que je ne me sentais pas encore maman et que, dire qu on est mal, quand on adopte, c'est quand même compliqué. Cette période n'a pas duré longtemps mais ca a été difficile. Heureusement, mon mari etait avec moi tout le temps du congé maternité.Cela fait maintenant 10 mois que nous sommes parents et je me sens enfin pleinement et légitimement mère de mon fiston.
 

irima

prof, femme, mère, féministe.
20 Mai 2019
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Il ne faut surtout pas sous-estimer l'effet de l'immense fatigue post-accouchement. A la maternité, la journée, la crevette dormait et moi, je "recevais". La nuit, elle bramait et... au bout d'un accouchement suivi de trois jours et trois nuits à ne pas fermer l’œil, j'étais une loque. Je pleurais pour rien et Chéri était dépassé.
Ensuite, retour à la maison et il a bien fallu que je me ressaisisse : ça a été au tour de Chéri de paniquer complètement : il avait la trouille de mal faire, il était paniqué à l'idée de ne pas être à la hauteur. Pas le choix, il a fallu commencer à prendre TOUT en charge, le temps qu'il aille mieux. Et oui, les hommes aussi peuvent être victimes de babyblues.
Je pense aussi que, dans les générations précédentes, les femmes étaient beaucoup plus entourées et solidaires. Je sais que, concernant ma mère, sa propre mère était là pour l'aider. Pour ma part, au moment de la naissance de ma fille, ce qui me reste de famille était très loin. Les contraintes liées au marché de l'emploi et à mon choix de carrière m'ont conduite à vivre très loin de chez moi. J''avais déménagé depuis un peu plus d'un an, je ne connaissais personne, sauf quelques vagues collègues qui ne sont évidemment pas venus me voir. Les copines étaient loin, et pas forcément très disponibles, quelles soient mères ou pas. Dès que Chéri a eu repris le travail, je passais mes journées toute seule avec un nourrisson et la fin de mon congés maternité a été une véritable délivrance : enfin, Poussin était prise en charge, la journée, par une nounou de toute confiance et j'avais le sentiment de retrouver enfin ma vie d'adulte.
Conseil aux futurs mamans : anticipez autant que possible la nécessité de ne pas se couper du monde, quitte à organiser des rotations de copines. Prévoyez deux ou trois numéros de téléphone de personnes fiables qui pourront vous écouter et vous conseiller, en cas d'urgence, sans juger. Et sur la liste de naissance, plutôt que de mettre du matériel de puériculture, proposez donc aux gens qui vous aiment de vous offrir du temps et des invitations.