Baby-blues et solitude : ce qui se passe dans la tête après un accouchement

Virginie

Caution rouge à lèvres et épisio
Équipe Rockie
2 Jan 2019
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Après avoir accueilli son bébé, la femme rentre dans une période appelée le « post-partum ». Généralement, elle dure jusqu’au retour des règles (le fameux « retour de couches »), c’est à dire entre 6 et 8 semaines.
Loin d’être de tout repos, ce passage obligatoire est un challenge pour le corps, qui doit récupérer de l’accouchement tout en répondant aux besoins de l’enfant, mais aussi pour l’esprit. En effet, le post-partum est rythmé par de nombreux bouleversements psychiques qui font de ces quelques semaines ou mois une période psychologiquement « à risque » pour celles qui viennent d’enfanter.
À lire aussi : Suites de couches : ce qui arrive au corps après l’accouchement
Le baby blues, un syndrome dépressif transitoire
Quelques jours après la naissance du bébé (et parfois même juste après, si l’accouchement ne s’est pas passé comme souhaité), certaines femmes se sentent d’humeur instable...
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Moana

Well-known member
3 Jan 2019
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Ça me rappelle ce que j'ai écrit sur le cahier de naissance de mon premier né en urgence par césarienne (besoin d'évacuer en écrivant comment c'était passé l'accouchement) : «je ne me suis jamais sentie aussi seule de ma vie»
Pour le coup j ai eu une bonne dépression post partum non pris en charge et ce pendant disons deux ans et demi, j ai l impression que ce qu on appelle baby blues passe pour la bonne anecdote à raconter en repas de famille «rolala t arrêtais pas de pleurer» pas vraiment top du coup.
 

Cherryhana

Well-known member
3 Jan 2019
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Je n'ai jamais senti une chute d'hormones comme celle-là. Je me sentais vide. Mais pas parce que mon ventre l'était. J'avais l'impression d'être vidée de tout. J'avais l'impression que mon fils me rejetait, il ne supportait pas qu'on le porte en écharpe, voulait qu'on le tienne à bout de bras tout le temps pour pouvoir mieux voir, il n'aimait pas les câlins et les bisous, j'étais perdue... J'avais l'impression de découvrir un individu que je ne connaissais pas, dont il fallait que j'apprenne à connaître le caractère et les goûts alors que je pensais que j'aurais l'impression à sa naissance de le connaître déjà...

J'étais à la fois déprimée parce que je n'avais pas réussi à allaiter et à la fois c'est ce qui m'a sauvé car le biberon de 7h du matin que donnait mon mari me permettait de dormir 6h d'affilée. Sans ce sommeil, je n'aurais pas tenu.

Je me suis réapproprié mon corps assez vite mais la première semaine s'est mal passée à cause de points d'episio beaucoup trop serrés et que personne ne voyait. En revanche, j'étais heureuse de ne plus avoir à passer tant d'examens médicaux. Mais les examens médicaux sont pour le bébé après l'accouchement et on a quand même l'impression de passer notre vie à courir. Chaque chose qu'on fait avec notre bébé est une torture mentale : est-ce qu'on fait bien ? Chaque professionnel donne des conseils différents voire opposés et c'est difficile de faire son choix. Il m'a fallu de nombreux mois pour être plus sûre de moi et me connecter réellement à mon bébé. Aujourd'hui, il a 5 ans et tout va bien. Je ne suis pas sûre d'avoir tout bien fait (je culpabilise encore beaucoup pour tout) mais notre lien est là, et c'est le principal !
 

Alison

Active member
16 Jan 2019
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Bonjour,

Oui on n'en parle pas beaucoup, du moins nos aînées ne nous en parle pas beaucoup je trouve. Alors que le problème existait évidemment. Les jeunes mamans sont plus ouvertes sur ce sujet du moins dans mon entourage. Peut-être grâce aux blogs et aux articles bienveillants comme celui-ci... je ne sais pas.

Pour ma part, les sages-femmes m'avaient plutôt bien préparée à toutes ses déconvenues et mon mari avait du coup été pas mal sensibilisé dans la foulée.

Je me souviens lui avoir dit, "Tu sais la grossesse, l'accouchement et même les nuits compliquées avec un bébé je pourrais le gérer. Je me sens capable et cela ne m'inquiète pas. Mais par contre la manière dont je vais réagir face aux suites de couches est complètement imprévisible pour moi. Attends-toi à tout. ! J'aurais besoin de toi !"

Finalement, même si j'ai le sentiment (3 mois plus tard) d'être une femme et maman chanceuse et d'être passée à travers le baby blues, les suites de couches sont difficiles.

Entre les longs mois de conception angoisssant, la grossesse parfois contraignante, l'accouchement qui peut être douloureux et les suites de couches. Le pire pour moi c'est le dernier !

En plus des douleurs (hématome, cicatrice...), je trouve que ce sont des tas de petits détails qui s'accumulent et qui rendent le quotidien difficile. Par exemple, les pertes de sangs. Cela faisait des années que j'utilisais des coupes menstruelles. Bien sûr en post-partum, on oublie. Bonjour les serviettes hygiéniques et la (non-)lingerie qui va avec. Moi ça ma soûlée clairement. Des jours et des jours de changement de "couches" avec les odeurs les premiers jours... oh joie !

Alors je m'étais imposée un rituel pour prendre soin de moi tous les jours. Certes après le biberon de 5h du mat mais quand même tous les jours. Je prenais le temps de prendre une douche chaude, de faire mes soins, de m'habiller, me coiffer... et de prendre un très bon petit déjeuner (celui qu'on prends les week-end, le plus copieux et délicieux... et bien je l'ai pris tous les jours pendant un mois, c'est l'un de mes reconforts ultime !) Et mon mari gérait tout le reste peu importe quoi à ce moment là.

Un jour on se rends compte qu'on reprends la main sur notre vie... qu'on se regarde à nouveau dans le miroir, qu'on prends plaisir à manger et à cuisiner, qu'on peut lire à nouveau un bon bouquin, reprendre ses loisirs doucement, remettre de la dentelle... avec les sourires et les câlins de son bébé en prime !

Bonne journée à tous et toutes (j'espère que les partenaires de futurs mamans lisent aussi cet article, ils/elles sont concernés).
 

Cmoilechat

Miaou
3 Jan 2019
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Il est beau ton commentaire @Alison parce qu'il est très vrai.
Il est vrai que c'est vraiment pas une période sympa. Mais on fini par s'en sortir (dans la plupart des cas).

Pour revenir sur l'article je m'y retrouve beaucoup.
Le fait de ne plus être le centre du monde ça m'a tellement frappé (surtout du coté de ma belle famille, je leur en ai jamais parlé) je l'évoque à mes copines qui seront maman un jour, c'est vraiment dur à gérer dans une période qui est déjà légèrement compliquée.

Pour le baby blues, le mien à durer une petite semaine, il a commencé à la maternité, et il s'est terminé, je me souviens très précisément du moment. C'est quand je suis SORTIE DEHORS. Sans m'en rendre compte, ça faisait plus d'une semaine que j'étais fermée entres 4 murs et je pétais un câble sans m'en rendre compte.
La présence de mes parents m'a beaucoup beaucoup aidée, ils habitent loin et étaient arrivés le jour de la naissance et sont restés quelques jours, un petit peu en retrait mais présents pour nous aider à nous mettre dans les rails. Ma maman me demandais tous les soirs, "tu veux qu'on reste ou c'est bon ?" je les ai fait rester jusqu'à la fin de leurs congés :) je sais que ça convient pas à tout le monde, mais moi ça m'a beaucoup aidé.
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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Le lien dans la News letter n’est pas bon!

J’ai eu la chance d’être ultra sensibilisée aux conséquences des suites de couches du coup je ne me suis pas inquiété en ne ressentant pas la bouffée d’amour. Je ne prenais pas un plaisir fou à m’en occuper non plus mais ça aussi je savais que c’était pas grave. J’ai été surprise que ça vienne relativement rapidement quand même, et je pense que si j’avais su à quel point j’allais l’adorer j’aurais été encore plus relax. Par contre l’aspect physique du truc je ne m’y attendais pas, j’ai eu une grossesse super, comme je l’ai dit sur madz j’aurais pu accoucher dans un champs de patates au moyen âge, mais entre les lochies, les vertiges, l’odeur de transpiration et de lait caillé j’ai eu l’impression d’être passée sous un camion et ma maladie chronique a empiré après ça et il m’aura fallu bien un an pour me remettre malgré une petite fille facile et en pleine forme.
 
M

Mawouitewese

Guest
Quand je lis ça, tout ce que je me dis c'est que il y'a quand même un manque de considération très choquant par rapport à la femme qui enfante. Je n'ai pas encore d'enfants, mais ça fait longtemps que je me fais la réflexion et que j'en parle à mon mari.

Je trouve en effet que quand la femme est en galère pour concevoir son enfant, qu'elle passe par pleins de moments difficiles, stressants..Les potentiels fausses couches, les potentiels parcours de PMA selon la difficulté de conception. Parfois des années d'attente, de galère, de remise en question, de prises de traitement. Bref, à cette période je trouve qu'en général le sujet est tabou. Et qu'elle manque de soutien. Alors il y'a aussi le fait qu'on ait tendance à ne pas parler de notre difficulté car, on veut pas que toute la famille soit au courant de nos problèmes, ou qu'on nous relance madadroitement à base de "alors c'est pour quand?" Mais je trouve que la conception n'est pas forcément une période facile, et qu'on en parle peu pourtant.

Ensuite il y'a la grossesse. Alors là oui, on est le centre de l'attention. Mais la vérité c'est que c'est le bébé le centre de l'attention. Tout le monde est à fond, tout le monde s'inquiete pour la santé et du bébé et de la maman du coup..

Et après la grossesse, toute cette attention qui était en fait pour le bébé, reste sur le bébé..Et là j'imagine même pas la galère que c'est. L'article a l'air de bien le décrire malheureusement. Mais du coup, il peut t'arriver n'importe quoi physiquement, tout le monde s'en fout, à part le conjoint j'espère..

Et je me dis que là le corps est pire que traumatisé et qu'on est vraiment sur une convalescence. Que dans cette situation, on devrait être traitée comme une princesse. On a fait un parcours de combattant de ouf, on a le corps en vrac, et on doit s'occuper du bébé. Le minimum serait que les pères puissent prendre au moins 1 mois de congés pour aider et soutenir la maman, et pas les pauvres 11 jours de congés paternité actuels. Moi ça me sidère. On dirait que dans cette société, du moins au gouvernement, on part du principe que le congès mat suffit pour que la femme se remettre de tout ça. Mais non, faux. Et ça me semble tellement évident que certaines femmes fassent des dépressions post partum. Nous ne sommes que des humaines en fait, pas des wonderwoman. Quand je vois le choc, tout ce que la femme peut endurer physiquement et psychologiquement du moment où elle décide d'avoir un enfant jusqu'à des mois après l'accouchement..et le fait que en gros la société s'inquiète pour elle uniquement pendant la grossesse, je me dis qu'il y'a vraiment un soucis de compréhension et d'empathie à ce sujet!

Voilà c'était mon coup de gueule du jour!
 

beapouet

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7 Jan 2019
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Bruxelles
Super d'accord ! Ce moment où papa a repris le boulot (sauf si il a pris un congé plus long) est affreux ! Toutes mes copines disent la même chose et leurs conjoints aussi : période épuisante, le couple est à deux vitesses, papa est frustrée de voir sa femme crevée et à bout, de ne pas voir bébé davantage et maman... ben elle est sur les rotules !
La kiné me disait de rien porter de lourd... à part bébé ! Ben quand même, c'est lourd le bébé quand tu cicatrises, clairement c'est pas avec les deux semaines où mon mari était là que j'étais remise ! Bref, j'ai trouvé ça horrible, malgré un accouchement nickel, un papa très impliqué passé à 4/5e pour tout la durée de mon congé mat et un bébé super facile ! Alors si un des ces 3 points avait été plus galère... je sais pas comment j'aurais fait !
Je pense que nos aînées (pas nos mères mais pour mes grands mères en tout cas) étaient quand même beaucoup plus entourées, avec la mère ou la belle mère ou la soeur/belle-coeur qui vient à la maison pour gérer la bouffe, les grands, le ménage... Je sais pas si ça m'aurait plu d'avoir ma belle-mère qui furète dans mes placards, mais en tout cas, ça peut aider XD
 

Eferia

Well-known member
2 Jan 2019
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Nantes
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Chouette article!
J’ai fais un gros baby-blues après mon premier accouchement, et encore, heureusement qu’il y avait le forum des parents sur Madz, ça m’a bien préparé à ça et du coup je l’ai sûrement mieux vécu...
pour ma deuxième, pas de baby blues, mais je suis rentrée à la maison 24h après la naissance, je pense que c’est ce qui a fait la différence. Je pense que le séjour en maternité a vraiment aggravé mon baby blues, la solitude, les réveils n’importe quand, le fait de ne pas pouvoir sortir prendre l’air...
 

Vivii

Méfie-toi des chips.
11 Avr 2019
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En ce qui me concerne, je n'avais été préparée à rien. Je précise que je n'ai pas su tout de suite que j'étais enceinte, ce n'est qu'à 4 mois de grossesse que je l'ai su, et à la base je n'avais pas pour projet de devenir mère tout de suite (je n'avais que 20 ans).

Les rdv médicaux, ça y allait. J'étais bien suivie, et ma grossesse se passait bien physiquement. Mon fils était en excellente forme. C'est moi qui n'allait pas bien, car outre l'aspect médical, j'étais confrontée à un sentiment de délaissement absolu. personne ne m'a vraiment dit ce que ça allait être d'être mère, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, j'étais angoissée par l'arrivée du bébé qui n'était pas prête... C'est ça, rien n'était prêt, surtout pas moi.
Et puis l'accouchement est survenu. Il s'est étonnamment bien passé (j'avais une conscience parfaite de chacun de mes muscles! Bon, j'ai quand même demandé que je voulais la péridurale, je sentais que je n'arriverais pas à gérer la douleur. Mais j'ai pu pousser tout en serrant les fesses! XD ), et après une nuit blanche, mon fils a finalement vu le jour à 6h30. J'ai été surprise de le voir tout bleu. Mon fiancé était là, et ma belle-mère aussi. C'est les heures qui ont suivis qui se sont corsées.
J'étais seule avec mon fils, dans une chambre partagée avec une autre maman et son bébé (qui passait son temps à hurler). Je n'ai pas eu beaucoup de visites, tandis que ma "colocataire" de chambre avait des visiteurs qui défilaient toute la journée (y compris le matin malgré l'interdiction...). Je dois l'avouer, j'étais un peu jalouse d'elle, de voir qu'elle était si entourée et pas moi. Puis nous sommes sortis de la maternité. Nous n'avions pas notre propre logement, ce sont mes beaux-parents qui nous logeaient dans un petit studio pas isolé au dessus de leur garage (c'était le pôle nord en hiver et la fournaise en été...). Notre fils n'avais donc pas sa propre chambre, et ça me faisait énormément culpabiliser, car il démarrait dans la vie dans un environnement qui n'était pas sain, et je n'étais pas en mesure de lui en apporter un. Et comme nous étions chez mes beaux-parents, forcément je me sentais épiée et jugée en permanence. Et ils ne se privaient pas pour faire des réflexions dans mon dos, auprès de mon compagnon. A ce moment-là je n'avais aucune confiance en moi, et les "conseils" des médecins, pédiatres, puéricultrices, sages-femmes, mères, etc étaient parfois complètement contradictoires. Mon compagnon était rarement là car il cherchait du travail, une formation... J'étais seule avec mon ignorance et mes angoisses. Je n'ai pas eu la force de demander de l'aide, car j'avais l'impression que personne ne pouvait m'aider (pas de famille, une belle-famille prompte aux critiques, et quasiment pas d'amis...).

Aujourd'hui, mon fils a 5 ans. Je l'aime très fort, mais je ne partage pas avec lui ce fameux lien qui unissent tant de mères avec leur enfant. Car je n'ai pas eu une maternité sereine ni de soutien, je l'ai au contraire très mal vécue psychologiquement. Pas un jour ne passe sans que je me dise que je suis une mauvaise mère qui n'apporte rien à son enfant. J'aurais aimé être guidée, j'en avais besoin, que ce soit pendant la grossesse et après l'accouchement. Je trouve qu'en tant que femme à part entière, on manque cruellement de considération, nous ne sommes vues que comme des utérus sur pattes...

Mon témoignage est amer, mais c'est mon expérience, mon ressenti personnel.
J'aime mon fils, je le reprécise ! Mais je n'étais vraiment pas prête à être mère, et j'en suis sincèrement désolée et chagrinée.
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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@Vivii as tu eu la possibilité de parler de tout ça avec un professionnel ?

@Eferia j’ai accouché en ambulatoire et on est donc rentré à la maison dans la matinée après un accouchement dans la nuit. J’avais une aide à domicile pour les soins et les apprentissages et c’était vraiment très doux. On a fait notre vraie première nuit dans notre chambre, on utilisait nos affaires, je me reposais dans mon lit, dans mon univers, je pouvais m’eclipser lors de la visite. Je pense que ça nous a vraiment aidé à prendre nos marques.
 

Cherryhana

Well-known member
3 Jan 2019
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@Eferia j’ai accouché en ambulatoire et on est donc rentré à la maison dans la matinée après un accouchement dans la nuit. J’avais une aide à domicile pour les soins et les apprentissages et c’était vraiment très doux. On a fait notre vraie première nuit dans notre chambre, on utilisait nos affaires, je me reposais dans mon lit, dans mon univers, je pouvais m’eclipser lors de la visite. Je pense que ça nous a vraiment aidé à prendre nos marques.
C'est génial ça ! J'aurais adoré... C'est tellement long ces 4 jours à l'hôpital... On avait pris un supplément pour que le papa ait un lit de camp mais franchement on aurait été mieux chez nous... On avait juste une visite d'infirmière par jour de toutes façons... C'était la proposition de l'hôpital ou la vôtre ? Comment on fait pour avoir ça ???
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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@Cherryhana je vis aux Pays-Bas, la bas la suite de couche se fait à la maison avec un professionnel qui vient à domicile sauf cas extreme. Même ma BS qui a accouché via une césarienne d'urgence avec un bébé à terme mais qui a du aller un peu en néonat est rentrée chez elle au bout de 48 heures.
 
  • You Rock !
Reactions: Matteus and Lol'ô

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
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@Vivii :hugs: Plein de soutien, t'es une guerrière :fleur:

@Mawouitewese :worthy: Tellement, dans le fond, comme pour le reste, la femme en tant qu'individu on s'en fout ... :mur:

Je me souviens du grand moment de solitude quand ma fille est née, qu'ils l'ont emmenée, mon mec est parti avec elle, et je me suis retrouvée toute seule, à poil, dans une salle froide, vide et impersonnelle, pendant je sais pas combien de temps. Pire moment de solitude de ma vie... j'aurais voulu que mon compagnon soit là et en même temps qu'il reste près de notre bébé..... :ko:
 
Dernière édition:

Bree_

Well-known member
2 Jan 2019
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Perso pour ma première, je l'ai bien vécu. J'ai eu un baby blues assez doux, classique je crois.
Mais j'étais bien entourée (mon mari,ma famille proche), ça signait la fin d'une grossesse compliquée et le retour à une sensation d'être simplement.. en bonne santé. Ca a sûrement joué.

Ici on verra pour numéro 2 qui arrive dans 2 mois. Je suis tellement loin et mal depuis 7 mois que j'espère avoir encore assez de ressources pour me sentir bien après la naissance. Je choisis d'être confiante mais on verra. Mais je me sais entourée, ça rassure.
 

Vivii

Méfie-toi des chips.
11 Avr 2019
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@Vivii as tu eu la possibilité de parler de tout ça avec un professionnel ?
Non, les visites médicales étaient centrées sur le bébé, et je n'osais pas prendre de rdv pour moi-même (pour te faire une idée, entendre le discours de mes beaux-parents tous les jours à base de "Il faut être là pour le bébé, les loisirs et autre c'est fini, c'est lui la priorité c'est lui qui compte" ça n'aidait pas, et comme j'ai été élevée dans une famille pauvre qui n'avait pas les moyens de faire appel à un professionnel de la santé, ça n'a pas aidé non plus, je trouvais normal de me taire et de faire comme si j'allais bien).
Concrètement, même si aujourd'hui ça va mieux, il y a toujours des traces, et je ne sais pas quoi en faire. J'ai pu voir une psychologue il y a quelques mois, mais ça ne m'aidait pas. Je suis toujours un peu perdue... ^^'

En tout cas, je vous souhaite tou-te-s un avenir plein de félicité et de joie. et des caisses de câlins pour quand ça ne va pas! :calin:
 

Nana Moon

Member
11 Avr 2019
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Pour ma part j'aurais souhaité être davantage informée sur la période post-partum et même un peu plus accompagnée par des professionnels ou même ma famille. D'autant plus que j'avais des facteurs de risques avérés (je ne m'en suis rendue compte qu'après en m'informant sur la DPP).
Lors de la préparation à l'accouchement ma sage-femme m'avait vaguement informée. Aucune femme proche de moi ne m'en avait parlé. Peut-être aussi qu'en pleine grossesse je n'étais pas réellement à l'écoute de ce genre de discours, le cœur plein d'amour à donner malgré les inquiétudes liée à ma capacité à être mère.

Enfin bref, effectivement j'ai aussi du faire le deuil de l'accouchement idéal et je garde en moi un petit sentiment de culpabilité à ne pas avoir offert les meilleures conditions à mon enfant pour naître. J'ai cependant eu la chance de ressentir cette vague d'amour et d'attachement dès la naissance de ma fille.

Le retour à la banalité a été difficile également et l'acceptation de la séparation avec le bébé n'a pas été simple !
A la fois je me sentais comme une poule pondeuse qui une fois l’œuf sorti n''intéresse plus personne, à la fois je me sentais un peu "violée" dans mon intimité car je me sentais encore ne faire qu'un avec ce bébé, et donc ça me retournait l'estomac qu'on me le prenne, puis qu'on me pousse à la dé-fusion (sollicitations pour le garder, incitation à passer au biberon car mon lait ne serait peut être plus suffisant...).

Malgré un adorable entourage je me suis sentie très seule et personne ne nous a proposé de l'aide. Heureusement mon compagnon a pu rester à la maison quasiment 1 mois.
Au final il m'aura fallu un bon mois pour commencer à récupérer de l'accouchement et ne plus avoir l'impression d'être une loque :happy: Car l'image du corps a pris aussi un sacré coup, entre la grossesse et les suites de couche qui n'ont pas été simples ! Ensuite j'ai retrouvé peu à peu mes marques, repris le travail (et la vie sociale :rainbow:), et développé joyeusement le lien avec ma fille, malgré la fatigue, le manque de sommeil, et tout ce qui fait le quotidien de nouveaux parents bien-sûr.

Là où ça a commencé à se compliquer c'est lorsque j'ai cessé mon allaitement. Ma fille s'est sevrée toute seule après 7 mois d'allaitement. Je l'ai vécu comme un rejet. D'autres petits événements sont venus appuyer cela et le lien établi avec mon enfant s'est peu à peu effrité. J'ai vécu un énorme contre-coup de quasiment un an de don de soi pour tout assumer depuis la grossesse. J'ai perdu confiance en ma compétence de maman, jusqu'à ne plus trouver ma place au sein de ma famille. Aujourd'hui j'essaie de sortir de la dépression, j'envisage une séparation avec mon compagnon et je m'efforce à retrouver le lien qui m'unissait à ma fille les premiers mois.

Ce que je souhaitais dire, en plus de confirmer ce qui a déjà été évoqué dans les divers témoignages, c'est qu'une dépression post-partum est possible même plusieurs mois après la naissance, selon les circonstances et la personne. Le post-partum "immédiat" n'est pas suffisamment accompagné, l'allaitement non plus, et l'aspect psychologique encore moins, et il est encore difficile aujourd'hui d'avoir la possibilité d'être réellement entendue dans sa souffrance à être maman.