Faustine M

Well-known member
21 Jan 2020
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A l’occasion du Salon de l’Agriculture, qui s’est ouvert ce samedi 22 février, le HuffPost a publié une enquête sur le rapport qu’entretiennent les Français avec leur alimentation, et son impact environnemental.
Ce qui ressort de l’enquête : les Françaises et les Français sont de plus en plus conscients de l’empreinte écologique de leurs habitudes alimentaires, et prêts à changer.
83% se disent en effet prêts à faire des efforts pour diminuer l’impact environnemental de leur assiette. Un tiers se dit « tout à fait prêt », et seulement 2% ne se disent pas prêts du tout. Un chiffre qui me redonne de l’espoir, et me questionne sur mes propres habitudes alimentaires.
Pourquoi une alimentation plus respectueuse de l’environnement est nécessaire
Dans la lutte pour répondre à la crise environnementale et climatique, impossible de ne pas repenser notre alimentation et notre agriculture.
En effet, l’alimentation est responsable de 26% des émissions de gaz à effet de serre...


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cilijoya

Carabistouilles !
2 Jan 2019
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Le fromage :bave:, c'est un de mes péchés mignons. Depuis 5 ans maintenant, j'ai réduit ma consommation de viande et je ne l'achète qu'en circuits courts. J'essaie de passer à une alimentation végétarienne, mais j'ai du mal. Je vis dans un département très rural et où les initiatives sur les circuits courts sont très développées. Pas besoin de faire beaucoup de kilomètres pour trouver des agriculteur·ices qui font de la vente à la ferme ou des magasins qui regroupent plusieurs exploitations. Rien que sur ma commune de 1000 habitants, j'ai un agriculteur bio qui fait de la vente de légumes et oeufs à la ferme, une agricultrice bio qui vend du lait et du fromage et une agricultrice à la retraite qui continue un peu son activité en élevant quelques poulets pour les gens du coin. A 5 km de chez moi, un magasin s'est monté avec que des produits locaux (département + 1 département voisin), produits en agriculture bio ou raisonnée. Du coup, j'ai facilement la possibilité de trouver des produits frais, de saison et qui n'ont pas fait des masses de km en camion ou en bateau. Globalement, je trouve mes légumes, la viande et le poisson, le lait et quelques fruits mais c'est là que ça pèche le plus. J'ai des périodes où j'adore cuisiner donc dans ces cas-là, ça roule, je fais plein de trucs d'avance que je mets en conserve ou que je congèle. Quand j'ai plus la flemme ben je fais des courses au drive, je prends des trucs rapides à faire. Je fais au mieux, je n'y arrive pas tout le temps. Ce n'est pas toujours simple mais je me dis que petit à petit j'apprends à faire différemment.
 

KrissDeValnor

Well-known member
8 Jan 2019
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Déjà il me semble que le plus important pour adopter une alimentation plus respectueuse de l'environnement c'est privilégier la provenance et la saisonnalité, parce que le miel bio d'Argentine ou les aubergines d'Espagne en décembre c'est quand même pas top...
 

Lolita

Petite mais féroce
3 Jan 2019
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@FaustineM La phrase sur Greenpeace qui dénonce est bizarrement formulée, on dirait que les animaux sont nourris avec des pesticides et des antibiotiques

Sinon c'est chouette d'aborder ce sujet. Pour le côté circuits longs circuits courts, l'ADEME a écrit une note sur le sujet. En gros, faire le tour des fermes autour de chez soi en voiture pour acheter un produit à chaque fois n'est pas le bon réflexe. Acheter à un magasin de producteurs ou un drive fermier est plus efficace. Les circuits longs bien organisés sont également vertueux et très appropriés pour certains produits (lait, céréales)

D'après ce que j'ai lu sur les céréales, il vaut mieux produire dans la région la meilleure pour la culture et transporter que vouloir produire sur place. Mais je pense que c'est différent pour les fruits et légumes, qui sont plus riches en eau et qui se conservent moins bien.

J'ai récemment échangé avec des spécialistes du sujet à l'INRA, et les pistes qu'ils donnent au global c'est :
- moins de calories (exit bonbons, sodas, barres chocolatées, repas trop copieux...)
- moins de produits animaux (mais quand-même un peu, car comme ils permettent de valoriser des terres et des aliments non utilisables par l'homme, leur bilan est positif tant que leur part reste réduite)
- moins de gaspillage
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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Voici un article scientifique très intéressant sur les pistes pour une alimentation à faible impact (GES et coût hydrique).

Grosso modo, par apport aux précédents (des articles scientifiques sur le sujet il y en avait déjà eu), il ajoute deux choses:

- Tester des scénarios qui n'avaient pas encore été proposés, en plus des classiques du type pescetarisme, véganisme ou réduction de la viande rouge. Ca inclut le lundi vert (un jour végétarien, 6 jours classiques), un scénario 2/3 végane (2 repas sur 3 sont véganes, le dernier est classique... apparemment le "vegan 'til 6", avec petit déjeuner et déjeuner véganes, commence à être populaire dans certains pays), la suppression des produits laitiers mais pas de la viande, et même un scénario "bas de la chaîne alimentaire" où les produits animaux consommés sont les mollusques, les insectes et les petits poissons comme les sardines et les harengs (pas de gros poissons, de lait, d'oeufs et de viande). Je le mentionne car il va être important.

- Individualiser pays par pays (parce que par exemple les pays qui consomment déjà peu de produits laitiers ont très peu de chance d'en augmenter significativement la proportion pour remplacer la viande qu'ils enlèvent). Ca tient aussi compte du fait que le coût environnemental de la production d'un même aliment diffère d'un pays à l'autre (ou que certains pays ne peuvent tout simplement pas produire certains aliments et doivent les importer avec le coût qui va avec), et que certains pays sont actuellement en malnutrition et doivent encore augmenter la ration énergétique et/ou protéique pour sortir de la famine.

Grosso modo ils partent de l'alimentation actuelle de chaque pays, puis ils enlèvent ou réduisent certains groupes alimentaires selon l'alimentation à tester (i.e enlever la viande et le poisson pour le lacto-ovo-végétarisme). Ensuite, ils augmentent les groupes riches en protéines restants (légumineuses, produits laitiers, oeufs, viande, poisson, insectes, selon le régime testé) de manière fidèle à leurs proportions initiales jusqu'à atteindre à nouveau l'apport recommandé en protéines. Et enfin, ils ajustent le total de calories en augmentant ou diminuant la consommation de céréales. La consommation d'huile est supposée stable. Pour le scénario du bas de la chaîne alimentaire, le poisson est remplacé par les mollusques et les petits poissons, et la viande à 10% (en apport protéique) par des insectes et à 90% par des végétaux.

En fonction des proportions des groupes alimentaires, de ce que chaque pays met dedans (certains pays sont plus friands de poissons superprédateurs, comme le saumon, que d'autres, or ces poissons ont beaucoup plus d'impact carbone que les petits poissons) et de comment chaque pays consomme chaque produit (mode de production, taux d'importation...), l'impact des alimentations alternatives n'est pas du tout le même: Supprimer les produits laitiers peut être plus efficace pour le climat que supprimer la viande, et vice-versa.

Les résultats: Les deux vainqueurs ex aequo (les barres d'erreur se recoupent donc pas de différence statistique), sans aucune équivoque, sont le véganisme et le bas de la chaîne alimentaire (l'impact carbone de la production de bivalves ou d'insectes étant en effet très bas). Evidemment le statu quo est généralement le grand perdant.
Et pour le reste (départager végétarisme, suppression des produits laitiers, pescetarisme et véganisme aux 2/3)... Eh bah ça dépend des pays ! En France, du meilleur (plus forte réduction des émissions de GES) au moins bon entre ces quatre scénarios, ça donne véganisme 2/3 > pescetarisme > lacto-ovo-végétarisme > suppression des produits laitiers. Dans beaucoup de pays (64%), la suppression des produits laitiers fait mieux que le lacto-ovo-végétarisme, mais pas la France. Le véganisme 2/3 s'en sort généralement très bien, en arrivant presque toujours 3e derrière le véganisme à temps plein et le bas de la chaîne alimentaire.

Les limites: Evidemment l'étude se concentre sur les émissions de GES et le coût hydrique, pas sur les autres considérations écologiques (comme la biodiversité des océans), et encore moins sur la dimension éthique. Il ne faut donc évidemment pas lui faire dire ce qu'elle ne dit pas.
 

Bam

Well-known member
3 Jan 2019
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C'est intéressant que cet article sorte après que j'aie visionné la vidéo de Ma ferme autonome sur le véganisme :

Au-delà de la raison première de la vidéo qui tourne autour du fait de répondre à des militants végans un peu extrêmes sur Youtube, on apprend quand même plein de trucs sur la permaculture qui rétablie les liens en agronomie entre l'agriculture et l'élevage afin d'éliminer ce qu'on appelle les champs de morts (des champs cultivés en monoculture qui amènent la mort du sol : plus de vers, plus d'insectes, qui eux-mêmes doivent nourrir oiseaux et rongeurs) et qui servent à nourrir végans comme omnivores et tout ce qu'il y a entre les deux. Sans m'étendre sur le sujet - alors oui, réduire sa consommation de viande est un must, parce que les champs de mort permettent aussi de nourrir le bétail - le véganisme tel qu'il est prêché par beaucoup de monde de nos jours (anti-spéciste et tout) ne semble pas être la véritable solution pour diminuer l'impact environnemental de l'alimentation. Les fermes en permaculture utilisent des animaux pour garder le sol vivant, pour labourer la terre sans utiliser d'essence. On peut tout à fait être végétarien de cette façon, mais pas végan. Peu importe, mon point n'est pas de débattre sur le véganisme, mais plutôt de voir en fait que le plus important sera dans l'avenir de choisir d'ou viennent nos aliments et pas seulement que ce soit local, mais carrément de veiller à ne plus acheter d'aliment en provenance de monoculture. Ça s'avère pas simple du tout, mais je veux bien le tenter.
 

Madalena

Member
18 Fev 2020
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Je dois être une pessimiste de nature, mais j’en retire surtout que les gens disent qu’ils sont prêts à faire des efforts, mais qu’en réalité peu passent à l’acte (du style: oui je sais que l’industrie laitière est polluante, et en plus maltraite trop souvent les animaux, mais je dois manger du fromage tous les jours et/ou boire du lait alors que je ne suis plus un bébé depuis belle lurette).

Et c’est pareil pour la consommation de plastique, de vêtements, de voyages aériens etc.

Quand on cumule tout cela, on se dit qu’on est pas tirés d’affaires!

Et ne parlons pas des industriels, et du greenwashing permanent qu’ils serinent. C’est un peu trop facile de mettre la charge uniquement sur le consommateur, même si celui-ci a un rôle crucial à jouer.
 

Lol'ô

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6 Jan 2019
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Ca fait plaisir de voir comme les français sont prêts à modifier leur alimentation, mais je reste un peu sceptique, entre répondre à des questions des réponses dans l'air du temps, et passer aux actes.
Je pense, comme le dit @Bam , qu'il y a beaucoup de facteurs que les consommateurs maitrisent encore mal. Et qu'il y a encore beaucoup de soucis avec l'information.
Cependant, il est rassurant, même si c'est trop lent, de savoir que les consommateurs se posent des questions sur ce qu'ils mangent. (liste des ingrédients, bien-être animal ...)

Pour le moment, les bons réflexes, sont surtout de manger de saisons, et plutôt local.
Plus les consommateurs seront attentifs à ces points, plus les industriels, se rendront compte que la mal-bouffe n'a plus la côte.
Il restera toujours les problèmes :
- d'où faire ses courses, à bon marché, dans les grandes villes.
Est-ce qu'on peut espérer que les expériences de maraichage en ville deviennent la norme.
- Comment gérer son temps de préparation des repas, et, que faire à manger.
J'ai remarqué dans mon boulot, que pas mal de parents ne savent pas cuisiner, certainement qu'enfants, ils mangeaient déjà des plats tout prêts. Et là, bah, ça va pas être facile, ils préparent une nouvelle génération d'habitués au tout prêt... :( Qui peut largement s'améliorer, qui va s'améliorer (on y croit)
 
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Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@Bam

Attention à la vidéo de Ma Ferme Autonome, il tend à comparer à plusieurs reprises ce qui n'est pas comparable (monoculture végétale VS polycultures avec intrants animaux, "végane moyen" qui consomme aussi des produits industriels VS pas végane mais en autonomie alimentaire), ce qui me semble un peu malhonnête. Quand on fait une comparaison, il faut réduire au maximum le nombre de variables qui diffèrent. Alors bien sûr qu'on ne peut pas tout régler avec juste le véganisme, et que ce dernier pose des questions sur l'agriculture qui méritent qu'on y apporte des réponses, mais si on compare le végane lambda au non-végane en autonomie, on n'apprend in fine pas grand chose.

Cette vidéo de l'Effet Chimpanzé donne quelques pistes de réponse à celle de Ma Ferme Autonome, si vous avez le temps de regarder !
(Il commence vraiment sa réponse vers 8:00)

 

Ap.Lo

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21 Fev 2020
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@Bam lire ton message m'a fait grand plaisir xD
Je trouve que c'est une excellente nouvelle que l'on soit prêts à faire des efforts sur notre alimentation et dans un premier temps, que chacun le fasse à sa façon est une belle chose, en devenant végétarien, vegan, en consommant local... L'important je pense c'est de trouver l'axe qui nous correspond.
Pour autant, un truc m'agace beaucoup, c'est le nombre de fausses informations qui circulent sur ce sujet. La permaculture est l'exemple parfait qui montre qu'on peut manger de la viande, des produits laitiers, des légumes, préserver l'environnement, nourrir le sol, recréer des écosystèmes (parce qu'avec les designs de permaculture on fait revenir des insectes, des oiseaux etc etc.). Oui l'agriculture peut utiliser des animaux (choisir des les manger ou pas selon l'éthique mais qu'importe, l'impact environnemental de l'animal est le même). Il y avait ces études qui comparaient l'impact des aliments en partant du principe que tout était en monoculture donc avec des tracteurs, des pesticides, du stockage dans des magasins etc... Le local, l'agroforesterie, la permaculture et bien sur la saisonnalité peuvent changer beaucoup de choses.
Alors oui il faut manger moins de viande et de produits laitiers (il y a normalement une saison pour le lait), oui quand on rase des forêts pour mettre des vaches c'est un drame (sans même parler d'élevage en batterie) mais une autre agriculture est possible. Le problème ? Quand l'union européenne arrêtera de donner des subventions à l'hectare soutenant les monocultures, quand les lobbys arrêteront de nous obliger à acheter des graines hybrides de première génération (donc la seconde n'a plus les mêmes priorités), quand ce ne sera plus illégal de vendre des graines qui ne sont pas dans le « catalogue officiel », quand on arrêtera la monoculture qui empêche de travailler sur la complémentarité des plantes, encourage les maladies et pousse à la consommation de pesticides en plus de détruire nos sols de facto....
Je pense que la guerre ne doit pas se faire entre des gens qui se battent pour préserver notre environnement avec différentes méthodes. Je pense que la guerre doit se faire pour défendre une nouvelle agriculture qui utilisent les outils du passés mais aussi les progrès de la science.
 

Roanne

Well-known member
4 Jan 2019
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@Ap.Lo il me semble que j'ai vu passer une info concernant les graines : l'assouplissement devrait enfin passer (l'an prochain ? vu que cette absurdité dure depuis une bonne vingtaine d'années sauf erreur de ma part, il serait temps...).
 

Lyra

Well-known member
9 Jan 2019
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Lyon
www.ap-naturopathealyon.fr
Merci pour cet article sur un sujet qui me passionne ! Au quotidien, je fais partie d'une association ecolo qui essaye de sensibiliser les gens aux problématiques environnementales et dans mon métier j'accompagne les gens entre autres vers une alimentation plus saine et de tout ça je constate que les principaux freins au passage à l'action sont :
- la difficulté à trier l'information et démêler le vrai du faux
- la difficulté à changer des habitudes bien ancrées
- les idées reçues du type que manger plus éco-responsable sera plus long, compliqué ou cher.

Pour aider les personnes à dépasser ces freins, les ateliers, tables rondes, conférences, etc pour informer et des cours de cuisine pour passer dans le concret sont bien utiles, j'adore voir les retours sur ce type d'action !

Enfin, petit conseil : pour changer ses habitudes, je recommande d'y aller pas à pas et pas vouloir tout changer d'un coup. Je le vois bien dans mon travail, ça marche quand on est bienveillant avec soi-même, qu'on lâche prise sur l'imperfection et qu'on y va petit à petit :)
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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@Lyra, j'ajouterai, qu'au début, on va doucement, puis on aperçoit que ce n'est pas si compliqué, une fois qu'on a compris, les buts, et qu'on voit certains bénéfices. On accélère, on cherche des alternatives, pour chaque élément de la vie quotidienne.
Pour parler de moi, niveau alimentation, je suis assez calée (j'ai une ado, donc, on n'est pas top-top sur les desserts :cretin:, pas très bio, et avec emballages) , mais j'ai encore deux blocages, la voiture, et les cosmétiques (que j'achète bio et le plus possible équitable, mais ça fait des emballages, donc des déchets)
 
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Audrey Naturopathie & Cie

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20 Fev 2019
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Franchement, je ne sais pas si une si grande partie que ça de la population soit prête à faire des efforts...
Je fais quelques courses en supermarché pour les choses que je ne trouve pas en local (chocolat, pois chiches, cornichons, liquide vaisselle ou trucs du même genre), et quand je vois les caddies à la caisse, je désespère...
Entre les "bonne conscience mais pas trop" qui achètent du bio industriel, tout suremballé et fruits/légumes sous plastique alors que je vis à la campagne et qu'il suffit de s'arrêter au bord de la route pour trouver des fruits de saison, et les "ranafout" qui achètent des gâteaux, des plats préparés, et même pas en premier prix, hein! Le pack de 8 yaourts Danone, les bouteilles de Coca, ou les 3 paquets emballés ensemble de Prince (donc c'est pas une question de budget), ces gens-là ont plus de plastique que d'aliments dans leur caddie!
Ouais...je désespère un peu...
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@Audrey Naturopathie & Cie

Déjà, personnellement ça me mettrait super mal à l'aise que des illustres inconnus, qui ne me connaissent ni d'Eve ni d'Adam, jugent mon caddie et le trouvent désespérant. Je ne trouve pas ça super bienveillant et empathique comme démarche, enfin bon.

Sinon, c'est pas qu'une question d'argent, mais aussi une question de temps (et encore, le temps et l'argent sont liés): Si par exemple il faut s'arrêter à un coin différent au bord de la route pour chaque 2-3 fruits différents (si on parle bien des mêmes petits stands au bord des routes à la campagne - il y en a un sur la route du travail de ma mère, il vend des pommes délicieuses, mais bah... des pommes et uniquement des pommes, parfois des pêches en été, mais il n'y a jamais plus de 2 fruits différents). Ca prend du temps de faire ses courses à plusieurs endroits différents. Tu as le temps d'acheter séparément dans plusieurs commerces différents, cool, mais ce n'est pas forcément le cas de tout le monde - les heures sup au boulot, les enfants, éventuellement les autres obligations comme s'occuper d'un proche âgé, je ne te fais pas la liste complète, mais par contre j'ai mon propre exemple cet année (qui est loin d'être parmi les pires):

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Et pour les ''ranafout'' dont tu parles, déjà il y a la question du temps qui a déjà été abordée, mais en plus tu ne connais pas leur budget et l'achat des marques ça peut justement être un symbole social auquel ils tiennent s'ils sont un peu fragiles financièrement. Ca peut aussi être réclamé par les enfants très sensibles à la pub. Une connaissance m'a par exemple raconté que quand elle était petite, ses parents avaient du mal à joindre les deux bouts et leur achetaient parfois de la pâte à tartiner premier prix pour leurs tartines, mais qu'elle et sa soeur leur faisaient pression en leur disant ''rien de tel que le vrai N*tella'' - parce qu'elles le trouvaient meilleur, et aussi parce qu'il y avait un énorme matraquage publicitaire par cette marque à destination des enfants. Donc les fois où les parents cédaient et achetaient la marque, c'était un peu la fête. Soit dit en passant, les paquets (de biscuits ou autre) qui sont emballés ensemble sont généralement des promotions, donc achetés pour des raisons budgétaires.

Alors qu'on se comprenne bien hein, je dis pas que c'est cool les emballages et compagnie. Ca fait littéralement 6 ans que j'ai pas foutu les pieds au rayon biscuits du supermarché, par exemple, et les plats les plus préparés que j'ai achetés dans ma vie d'adulte doivent se résumer à des pommes noisette et à des ravioli frais. Mais tout le discours de ''ouh là là quand je vois #lézôtre au supermarché je me dis que vraiment ils s'en foutent, pas comme moi bien évidemment, quel désespoir'', bah je ne suis pas franchement sûre que ça fasse beaucoup avancer le schmilblick. Si on veut que tout le monde puisse adopter une alimentation écolo - et quand je dis tout le monde, ça inclut donc les personnes qui ont moins de temps et/ou d'argent, pas seulement celles et ceux qui peuvent faire leurs courses à plusieurs endroits -, c'est au niveau collectif qu'il faut que ça se passe: Par exemple, en vrac (sans mauvais jeu de mots), que les supermarchés facilitent plus les démarches de réduction des déchets comme la pesée dans les récipients personnels, que les subventions aillent davantage vers les pratiques plus respectueuses de l'environnement pour permettre à leurs produits d'être moins chers, que les emballages soient strictement règlementés pour que les entreprises n'aient tout simplement pas le droit de suremballer, qu'on arrête de matraquer les gens avec l'idée erronnée qu'il faut manger plein de viande, etc.
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Franchement, je ne sais pas si une si grande partie que ça de la population soit prête à faire des efforts...
Bien sûr que si, j'en prends pour preuve la multiplication des magasins alternatifs.

Si on veut que tout le monde puisse adopter une alimentation écolo - et quand je dis tout le monde, ça inclut donc les personnes qui ont moins de temps et/ou d'argent, pas seulement celles et ceux qui peuvent faire leurs courses à plusieurs endroits -, c'est au niveau collectif qu'il faut que ça se passe:
Bien d'accord, mais il faut que tout le monde s'y prête, et donc, ça avancera seulement si les gens s'y mettent. Tant que les gens achèteront des trucs emballés "familiaux" (ce qui est très souvent une arnaque, je m'en suis très souvent rendue compte, quand j'allais encore dans les super/hypermarchés), ça ralentira la démarche.
Et pour ce qui concerne, le temps, et les moyens financiers, je pense aussi que ce sont des excuses moyennement valables, mais c'est plutôt sur le sujet du temps de travail qu'il faut parler ...
Travailler plus, pour gagner plus et dépenser plus mal !!! Ca c'est vraiment le schéma de l'ultra-libéralisme, et de la mondialisation.
 
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Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@Lol'ô Ah mais je ne dis pas qu'il ne faut pas que les gens s'y mettent. Mais quand ils ne s'y mettent pas, il faut regarder les causes externes qui expliquent pourquoi. Tout balayer en concluant que les personnes qui s'y mettent ont à coeur la protection de la planète et que si quelqu'un ne s'y met pas ou régresse dedans c'est qu'il s'en fout (et au passage, le temps et l'argent ne sont pas des ''excuses'', ce sont des réalités), c'est une solution de facilité. Si les statistiques démontrent que les écogestes individuels sont plus adoptés dans les catégorie socio-professionnelles supérieures, ce n'est pas parce que les riches sont des super-écolo altruistes et les pauvres des je-m'en-foutistes, c'est parce qu'il y a des causes externes plus puissantes que les causes internes.

Est-ce que la grande majorité des gens peut changer ses comportements dans le bon sens ? Oui. Mais certains sont dans de meilleures conditions que d'autres pour le faire, et si on fait partie de ceux qui sont dans de bonnes conditions il est malvenu de jeter la pierre aux autres.
C'est un peu comme s'il fallait courir le 100m en un temps donné, disons 20 secondes, mais que certains avaient une piste plate, sans obstacles, alors que d'autres avaient des barrières à sauter, des trous à éviter, et une piste qui monte. Techniquement ceux qui ont les obstacles peuvent aussi y arriver, mais ça va leur demander plus d'efforts. Et du coup, il serait très mal placé de la part de quelqu'un qui a réussi sans les obstacles à dire à quelqu'un qui était sur une piste avec obstacles ''quand même, avec un peu plus d'efforts tu y arriverais, arrête de te chercher des excuses''.

Ce billet de blog exprime mieux que moi ce que je veux dire. L'autrice explique comment elle a ''régressé'' dans sa démarche écologique quand sa situation économique s'est dégradée.

Tout à fait d'accord avec toi sur le temps de travail, sinon. Mais la personne qui fait des heures sup pour payer ses factures (et oui, éventuellement, pour acheter la marque de biscuits ou le gadget que ses gamins lui réclament à corps et à cris), bah c'est pas de sa faute. C'est de celle de notre système économique.
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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@Audrey Naturopathie & Cie après, le chocolat est également une ruine écologique et éthique. Ce n'est pas pour te jeter la pierre, mais disons que pour juger les autres, il faut être soi-même irréprochable en tout point. C'est pour cela que perso, même si je suis très concernée par l'impact écologique et éthique de mon alimentation, je sais que j'ai encore des failles, des incohérences, et je ne porte donc pas de jugement sur les autres.

Ce tu dis @Eglantine est on ne peut plus vrai. Pour prendre un exemple perso, quand j'ai eu de petits soucis financiers cette année j'ai " replongé " vers le végétarisme. Maintenant que ça va mieux je refais une transition végétalienne, mais ça demande quand même des efforts quand on a repris de """ mauvaises habitudes """". ( j'emploie ce terme parce que je suis vraiment une très grosse mangeuse de fromage )
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@Nedjma Pour les aliments pas éthiques du tout auxquels on pense rarement et pour lesquels je plaide coupable, je rajoute le café (et dans une moindre mesure le thé), pour lequel les problématiques ressemblent à celles du chocolat (systématiquement importé, traitement des employés plus que douteux...). Et évidemment, comme une bonne partie de la population est accro à la caféine, bon courage pour les faire passer à la tisane locale - moi la première :hesite:

@Martesmartes Ah mais c'est humain de juger, mais je trouve qu'il y a un pas entre avoir une ''pulsion'' de jugement à titre personnel (et, dans l'idéal, réfléchir dessus a posteriori) et aller l'étaler sur Internet sur le ton ''#lézôtre sont désespérants''.

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Après bien sûr qu'il y a des gens qui s'en foutent effectivement, mais là encore je trouve que ça vaut la peine de se demander pourquoi ils s'en foutent, surtout quand on voit qu'il y a des patterns sur qui semble s'en foutre. J'ai parlé de l'aspect ''classe sociale'', mais par exemple on pourrait aussi parler de pourquoi à chaque fois qu'il y a une étude là-dessus on voit que les femmes sont dans l'ensemble plus sensibles que les hommes aux écogestes, et les adoptent plus.

Ce que je veux dire c'est que je pense qu'on sera beaucoup plus efficace en luttant contre les déterminismes sociaux ET la mésinformation (pendant très longtemps je ne savais tout simplement pas quels problèmes étaient posés par l'import, le plastique ou les produits animaux par exemple) qu'en mettant juste ça sur le compte du supposé égoïsme intrinsèque des gens :hesite: