À 40 ans, j’ai découvert que j’étais alcoolique (et je me soigne)

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
Pourtant, j'ai une erreur 404 quand je clique dessus. :dunno:

EDIT: Ah tiens, ça marche quand je change de navigateur. Bizarre...
 

c_koi_la_suite

Aller on avance / elle
5 Août 2019
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Ce témoignage ne me surprend pas du tout. Il y a plusieurs personnes dans mon entourage plus ou moins proche qui ont une addiction à l'alcool. Elle se manifeste différemment et avec plusieurs niveaux de "gravité", mais ça touche tous les âges et classes sociales, c'est certain. :(
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
1 895
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Devant ton nez
Ce qui est aussi triste, c'est quand on voit depuis l'extérieur la personne dépérir à cause de ça. J'ai un proche à qui tout le monde dit que sa consommation est anormale, mais qui malgré ça reste dans le déni, et dont la vie vraiment difficile est une circonstance aggravante. On se sent tellement impuissant. :(
 

Monanged

Well-known member
19 Mai 2019
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Bravo à l'auteure de l'article, c'est très difficile de remettre en cause sa consommation à l'alcool d'autant plus quand notre société minimise tellement son influence !

L'alcoolique, tant qu'il est "fonctionnel" ne sera que très rarement pris au sérieux et encore moins aidé et reconnu. On a tendance à pousser "à la faute" (aaaaaller juste un petit verre, pour l'anniversaire de machin...) et à prendre à la légère (comme elle le dit, elle devait se justifier de se nommer alcoolique etc)

Je buvais beaucoup dans mon adolescence, mes deux parents sont alcooliques et j'ai su voir très tôt que je n'avais plus un rapport sain à l'alcool "grâce" à ça, je me suis forcée à prendre du recul à ce sujet et ne plus boire que si la situation le permets et avec modération. Mtn je bois un verre ou deux tous les deux mois je dirais, pour le plaisir du goût et pour certaines occasions et je choque toujours mes collègues quand je dis : "oh tiens, ça fait trois mois que je n'ai plus bu". Après ça j'entends qu'ils ne sauraient jamais rester si longtemps sans boire.
Pour moi c'est déjà le signe d'un problème et je crois qu'en réalité, il y a un nombre extrêmement élevé de gens lambda qui ne sauraient pas se passer de boire plus de deux semaines et qui ne s'en rendent même pas compte
 

c_koi_la_suite

Aller on avance / elle
5 Août 2019
373
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@PetitPaton : c'est compliqué en effet car ça s'articule avec un changement pro et donc une "excuse" pour régulariser la consommation. Toujours est-il que pour de la dégustation on recrache en théorie le vin... Et une bouteille c'est plus de la dégustation. A ta place je serais aussi très peinée, ça fait de grosse quantités.
 

Barnabé

Well-known member
25 Août 2019
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@PetitPaton je n’ai pas grand chose à te conseiller mais je voulais juste t’apporter mon soutien :fleur:
Mon père est alcoolique aussi et je suis très sensible à la consommation d’alcool de mon conjoint. Par exemple pendant le confinement il s’est mis à boire une bière tous les soirs pendant une période et ça ne me plaisait pas du tout. Je ne supporterais pas que l’alcoolisme revienne dans mon foyer maintenant que je ne vis plus chez mes parents, là où je le côtoyais au quotidien.
Toujours est-il que la consommation de ton compagnon semble effectivement excessive, ton inquiétude me paraît légitime. J’imagine que c’est très dur de le «confronter » mais peut-être qu’une piste pourrait être de lui dire que s’il n’a aucun problème avec l’alcool, il doit être capable d’arrêter pendant 1 ou 2 semaines. S’il n’y arrive pas, il pourrait peut-être mieux se rendre compte qu’il ne gère pas tant que ça.
 

triste_songe

Well-known member
3 Jan 2019
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L'alcool est un fléau en école d'ingénieur. Pression sociale, etc.
Certaines conditions de travail peuvent l'être aussi.

Face à une situation d'alcoolisme il est compliqué de savoir si cet alcoolisme est un trouble psy à part entière ou une conséquence d'un autre trouble psy.
 

Ward

The kind you don't take home to mother
5 Jan 2019
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J'aurais pu écrire ce témoignage.
Courage à la rockie qui a partagé tout cela... Tu n'es pas seule, cela concerne tellement de personnes... tu es sur le bon chemin :highfive:
Pour ma part je suis passée par six mois sans une goutte d'alcool et j'essaye maintenant d'apprivoiser la consommation occasionnelle modérée, une phase pas simple non plus...
Je suis toujours disponible pour échanger avec des personnes qui auraient envie de parler à ce sujet :nod:

@triste_songe les dépendances cachent toujours d'autres fragilités et douleurs...
 

LuLa

Oeuvre au noir
4 Jan 2019
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Merci beaucoup pour ce témoignage.
Personnellement je ne suis pas concernée par le sujet (je ne bois jamais d'alcool, je n'y prend aucun plaisir) mais je me souviens avoir été marquée dans ma 1e année de fac par une pièce de théâtre qui sensibilisait à l'alcoolisme. C'est là que j'ai appris que loin du cliché de l'alcolo, une personne qui boit tous les jours c'est déjà un problème, même si ce n'est qu'un verre de vin. Alors ça va peut-être en choquer certain.e et on me dira que ça dépend des gens. Mais à partir du moment où ça devient difficile d'imaginer ne pas boire son verre d'alcool tous les jours, c'est qu'il y a des questions à se poser.
Je trouve les recommandations de l'OMS assez folles sur le sujet (3 verres par jour pour un homme, 2 verres par jour pour une femme, faire un jour de pause dans la semaine, limiter à 5 verres tout excès même occasionnel, ne pas faire plus d’un excès par mois) mais j'imagine que c'est parce qu'il y a des populations où on boit vraiment beaucoup beaucoup et que c'est toujours ça de pris comme conseils.
Quand je lis ce que l'alcool provoque sur l'organisme en terme de toxicité, ça me fait toujours un choc par rapport aux consommations que je constate dans la société. Et encore ça a pas mal changé en France ces dernières décennies, même si avant on buvait surtout vin et bière, et maintenant il y a des alcools particulièrement forts et dangereux.

Désolée pour le discours un peu prohibitionniste, c'est pas le but ^^.
 
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Yasbaltrine

Well-known member
2 Oct 2019
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Il faut dire que la société encourage pas mal la consommation d'alcool, je trouve ... Entre les soirées étudiantes ou l'on passe pour une rabat-joie si on ne boit pas, les repas de famille à base de "alleeeer juste un petit verre !" ou "aller c'est noël/nouvel an, une coupe de champagne quand même !", vraiment ça n'aide pas :facepalm:
J'ai une consommation très limitée en alcool, j'ai la chance de n'avoir jamais vraiment aimé ça, mais mon père est alcoolique depuis plusieurs années donc je vois très bien les ravages que ça peut faire. J'ai toujours été habituée à voir mon père avec un verre de vin à chaque repas, systématiquement, à même mettre du vin dans sa soupe (ça s'appelle "faire chabrot", c'est une vrai "coutume" qui lui a pas mal servi d'excuse), avec toujours l'apéro avant, prévoir du whisky pour quand il vient me voir etc. Mais au delà de ça, effectivement énormément de gens boivent tous les jours un petit verre sans se rendre compte que c'est déjà de l'alcoolisme :erf:
Récemment j'ai fait remarquer à mon copain qu'à chaque fois qu'il voit ses amis, c'est autour d'un verre d'alcool ou en soirée (donc alcool), sa première réaction a été de nier mais finalement ça l'a fait réfléchir, maintenant ils se voient pour prendre des cafés :egyptian:

Edit : correction d'une faute.
 
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Ward

The kind you don't take home to mother
5 Jan 2019
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@PetitPaton le discours je peux arrêter quand je veux -- d'ailleurs tu vois, je l'ai fait à telle occasion -- je n'en ai juste pas envie.... c'est celui de toutes les personnes dépendantes qui ne souhaitent pas remettre en cause leur consommation.
@LuLa a raison, la dépendance n'est pas une question de quantité ou d'impacts négatifs visibles sur la santé... ce n'est pas non plus l'incapacité à se restreindre quelques jours. C'est un mécanisme psychique bien plus vicieux.
 
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Aribeth

La roue tourne
6 Jan 2019
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Ce témoignage me parle ! Surtout sur la partie de la vision "clichée" où on attaque au whisky dès le matin...
Alors qu'en fait l'alcoolisme, c'est la perte de la liberté de s'abstenir de boire. On parle beaucoup d'alcoolisme "mondain" (qui est de l'alcoolisme, comme tu le rappelles) et je ne l'ai que trop connu :
-pourquoi tu bois pas ?
-t'es pas drôle
-aller juste un petit verre qu'est ce que t'as ?
-non mais le vendredi soir, c'est pas de l'alcoolisme, c'est le vendredi soir quoi !
-t'es enceinte ???
Sauf que moi, je SUIS intrinsèquement alcoolique. Je l'ai réalisé (je crois ?) vers 28 ans : que plus je buvais, plus j'avais envie de boire, que j'étais incapable de ne pas finir mon verre ou ma bouteille, que tout ce que tu mettais à disposition comme alcool, je le sifflais.
J'ai réalisé aussi que le comportement des autres était une façon de ne pas avoir à remettre en question leur propre consommation. Moi, grosse buveuse de vin, j'allais bien (à 28 ans, jusqu'ici tout va bien n'est-ce pas ? Ne nous leurrons pas, le foie finit tôt ou tard par présenter la facture). Donc tant que je buvais et que ça allait, eux étaient normaux. Le jour où j'ai dit non merci, ça a brisé leur référence.

@Ward "j'ai juste pas envie" : c'est ça, la dépendance... c'est qu'on pense qu'on arrêtera quand on veut, sauf que là tu vois, on veut pas... hmmm... précisément.

Aujourd'hui, grâce à des longues coupures sans alcool (grossesses + allaitements) j'ai pu régénérer mon foie et ne tiens plus DU TOUT l'alcool, d'autant que ça me pose des problèmes de peau (rosacée) et si je dépasse un verre de vin, je le paye le lendemain (gueule de bois pour 2 verres, oui oui, c'est moi !). Mon mari ne boit de toute façon pas, nous avons décidé ensemble de ne pas acheter de bouteilles de vin et de n'en consommer qu'au verre au restaurant. Et depuis plusieurs années, ça tient comme ça...
 

Coconut

Well-known member
22 Août 2020
73
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A mon sens, la difficulté de nombreuses personnes à prendre conscience de leur problème vient justement du terme "alcoolique" qui y est associé. Comme le souligne l'article,
"On imagine tout de suite la misère sociale, la clochardisation, alors que ce n’est pas forcément ça. Quand tu réussis dans ta vie, que tu as une famille qui va bien, que tout est au beau fixe, les gens ont du mal à penser que ça puisse être un problème pour toi.
Beaucoup de gens qui boivent quotidiennement ne se reconnaissent pas dans ce terme et minimisent donc leur problème. Si on utilisait plutôt des termes comme "dépendant.e à l'alcool", peut-être qu'on réduirait la stigmatisation et qu'on faciliterait la prise de conscience, non ?

@PetitPaton ton histoire me fait penser à celle que j'ai connue avec mon copain il y a quelques années. Il consommait de l'alcool tous les soirs à la maison, plutôt des bières (donc léger) mais quand même. 3-4 bouteilles de bière par jour c'est déjà beaucoup. Et la même réaction quand je lui en parlait : "t'inquiète, je gère, c'est que des bières, ça me détend après le boulot, etc". Dans son cas, ça l'aidait aussi à s'endormir (même si ce n'est absolument pas une solution durable car la qualité de sommeil est altérée avec l'alcool).
Tu dis qu'il "n'a pas envie qu'on le soule avec ça", pour moi c'est révélateur du fait qu'il a conscience que quelque chose cloche. Comme tu dis, se faire "rappeler à l'ordre" peut donner à la personne concernée l'impression d'être infantilisée, ou surveillée, avec le risque que la personne se braque davantage et refuse la communication ou l'aide proposée. Dans mon cas, il a fallu que la prise de conscience vienne de mon copain lui-même, à la suite d'examens médicaux qui n'étaient pas terribles et qui lui ont fait prendre conscience qu'il fallait réagir. J'avais beau lui en parler, ça ne fonctionnait pas, mais quand c'est venu d'une personne plus "influente" (en l'occurrence un médecin) c'est passé. Par ailleurs il se refusait à se définir "alcoolique" notamment à cause de la connotation négative du terme, et ça ne l'a pas aidé à aller chercher de l'aide extérieure.
Après il n'a pas totalement arrêté mais a banni l'alcool de la maison et il ne boit que le week-end en soirée, mais ça fait déjà la différence.

Désolée, je n'ai pas de solution à la carte à proposer, je ne veux pas te donner de mauvais conseils, n'étant pas spécialiste du sujet. Mais il y a pas mal de ressources en ligne notamment le site "alcool-info-service.fr" qui peut donner des pistes. Bon courage ! :fleur:
 

Ward

The kind you don't take home to mother
5 Jan 2019
192
2 016
93
@Aribeth J'en suis au même stade...
Pas d'alcool à la maison, consommation d'un verre très occasionnel uniquement en extérieur, deux seulement si espacés de plusieurs heures, préférer dire non que oui lorsque je ne suis pas sûre de ce qui me motive à accepter... pour le moment cela fonctionne pour moi... le plus difficile a été de me sentir suffisamment forte pour annoncer aux autres qu'à présent je ne boirai plus systématiquement et d'affirmer mes motivations, passant nécessairement par l'explication je n'ai pas un rapport normal à l'alcool... une phrase que l'on n'a pas envie de prononcer, que les autres n'ont pas envie d'entendre non plus...mais qui a le mérite de calmer les ardeurs des amis qui aiment pousser à la consommation.
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@PetitPaton Pour ton copain, vu le niveau de consommation annoncé, pour moi même en supposant qu'il n'ait pas de dépendance physique ou physiologique, il y a de toute façon déjà un gros problème: Ca va lui pourrir la santé à terme, même si ça ne se perçoit pas encore actuellement :erf: Une bouteille de vin (= 7 unités d'alcool) seul, ça cause des dégâts immédiats au foie, ce n'est même pas recommandé comme consommation occasionnelle (les recommandations sont de ne jamais dépasser 4 unités, soit 2 pintes de bière légère, par occasion - au-delà ça abîme le foie, même si on ne boit presque jamais en dehors et qu'on a tout le temps de récupérer). Et puis bon, il me semble que normalement dans les dégustations de vin il y a un crachoir, ce n'est pas pour rien :cretin: Un bon oenologue est un oenologue qui garde toute sa tête quand il exerce son métier, et vit suffisamment longtemps pour faire pleinement profiter le monde de ses compétences :cretin:

@Aribeth Je me retrouve pas mal dans ton discours - quand j'étais plus jeune c'était pas tant que je buvais souvent le problème (ce n'était pas le cas), c'était qu'une fois que j'étais lancée je sifflais machinalement tout ce qui passait à ma portée, et je pouvais me mettre dans des états lamentables. Je n'ai pas eu de coupure nette, par contre j'ai diminué ma consommation un peu par la force des choses (mon cercle social a expérimenté le fameux passage au ''je peux pas sortir jeudi, j'ai yoga/atelier tricot/badminton/mon bébé à garder''), je me suis totalement déshabituée et je me suis rendu compte récemment que non seulement j'arrêtais vite d'avoir envie du verre suivant mais en plus je n'aimais plus du tout l'ivresse, je trouve ça désagréable d'être dans cet état pâteux et de savoir que je risque de dire des bêtises. D'ailleurs la seule fois où j'ai été (accidentellement) ivre ces trois dernières années, j'ai apparemment passé le chemin du retour à me plaindre que c'était nul et pourri d'être bourrée et que je voulais que l'alcool sorte de mon organisme :lunette:

Du coup, c'est assez rigolo parce que j'avais acquis à l'époque la conviction d'être ''intrinsèquement alcoolique'', de ceux qui ne peuvent pas et ne pourront jamais boire avec modération, alors qu'en fait une fois que je n'étais plus habituée à boire beaucoup d'un coup, bah... si. La première bière me fait envie, je suis contente de la boire, je la trouve bonne, mais je n'ai absolument pas envie de la deuxième - c'est même pas que je me retiens, c'est qu'elle ne me tente pas plus que ça :hesite:
 

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