4 conseils pour pratiquer la communication non violente

Une Rockie

Une Rockie Anonyme
25 Nov 2018
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Dans un précédent article, je t’ai présenté la communication non violente (CNV) et les étapes clés pour la pratiquer. Je te disais aussi qu’il était important, à mon sens, d’avoir quelques notions supplémentaires en tête pour la mettre en place efficacement.
Voici 4 conseils et 3 exemples pratiques pour t’aider à changer de mode de communication. 
1 – Prendre du recul pour bien pratiquer la communication non violente
Souviens-toi de la première étape de la CNV : observer la situation et partager tes observations avec l’autre. Encore faut-il pouvoir comprendre et analyser ce qui est en train de se passer, et ça n’est pas si simple !
Nous sommes tous et toutes habituées à faire des interprétations plus ou moins justes de ce que les autres pensent ou disent, et c’est ce à quoi nous réagissons réellement dans le cadre d’une conversation.
Ça prend une énergie folle et beaucoup d’espace mental, sans compter que c’est le meilleur moyen de créer des incompréhensions. Alors qu’au fond...
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Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
Je doute que la CNV donne des résultats sur tonton raciste, mis à part des «ouin ouin, on peut plus rien dire» ou «les gens sont tellement fragiles de nos jours». Encore une fois, si la personne en face est de mauvaise volonté, la CNV ne sert à rien.
 

Flodog

Active member
28 Août 2019
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Je doute que la CNV donne des résultats sur tonton raciste, mis à part des «ouin ouin, on peut plus rien dire» ou «les gens sont tellement fragiles de nos jours». Encore une fois, si la personne en face est de mauvaise volonté, la CNV ne sert à rien.
Je suis d'accord!
D'autant que j'ai l'impression que le but de la communication non-violente, ce n'est pas de remporter un débat ou une dispute, mais au contraire que tout le monde ressorte "gagnant". Or c'est tout simplement impossible avec certaines personnes de mauvaise foi.
Je peux comprendre le principe de "c'est le problème de l'autre personne si elle n'est pas sincère", mais voici un exemple où je me sens coincée: mon patron change les façons de procéder à certaines choses quand ça le chante mais énonce toujours la nouvelle règle sous la forme "enfin, c'est quand même bien simple, j'ai TOUJOURS dit qu'il fallait faire comme ça, alors on fait comme ça, point". Le problème c'est qu'il dit ça pour toutes les versions différentes de ses règles et que ça change environs toutes les semaines. Mais on se fait quand même engueuler quand on n'a pas deviné quelle était la nouvelle règle.
Face à ça, on n'a PAS LE DROIT de pratiquer la moindre communication, non violente ou autre. On a juste le droit de fermer sa gueule.
Il y a une solution non-violente à ça? (parce que j'avoue que j'ai un p'tit peu envie de le buter :D )
 

George Sand

Young, wild and free !
25 Mar 2019
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Encore une fois, si la personne en face est de mauvaise volonté, la CNV ne sert à rien.
Je suis tout à fait d'accord ! Je pratique la CNV depuis 1 an environ, elle fonctionne bien avec les personnes ouvertes d'esprit. Lorsque j'ai en face de moi une personne obtue (à défaut de dire un gros con***d...:shifty:), la moindre de mes phrases est détournée, minimisée voire dénigrée ("toi et ta psychologie à 2 balles":oops::cautious:). Ces mêmes personnes voient tout en noir et sont persuadées que tout est fait pour qu'on n'aille pas dans leur sens. Difficile d'appliquer la CNV... Je suis de nature optimiste alors je tente quand même mais au bout de 5min si c'est un dialogue de sourd, soit je laisse tomber, soit je hurle :taquin:
 

Serena Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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Unpopular opinion. C'est plus une réflexion générale lancée en l'air qu'autre chose, mais je vois de plus en plus fleurir ce concept (sur la toile bien sûr, pas IRL) et j'avoue qu'il me laisse un peu perplexe. J'ai l'impression que ça repose surtout sur de l'idéalisme, sur un postulat qui voudrait que tout le monde se soucie de tout le monde, que tout le monde accorde grand soin à l'idée de blesser personne. Et donc sur une vision très manichéenne du truc : les gentils pro-CNV qui veulent communiquer et les méchants de mauvaise foi qui sont pas open à la discussion.
Perso je me considère ni dans l'une ni dans l'autre catégorie.

Dans la vraie vie, déballer ses émotions au premier quidam croisé (truc impensable pour moi mais chacun.e voit midi à sa porte), peut mener à plusieurs choses :
• si c'est un.e bisounours altruiste, le problème se réglera sans accroc et l'issue contentera les 2 parties sans conflit. C'est meugnon mais assez minoritaire selon moi.
• à l'inverse si c'est une personne qui a tendance à appuyer sur les faiblesses (ou émotions, si vous voulez) des gens, qui n'a pas évolué autrement qu'en intégrant la manière forte, qui refuse la remise en question, inconsciemment ou non, ça risque de se retourner sur lea bien intentionné.e et sa CNV comme un boomerang. Pas cool mais plus probable.
Je schématise beaucoup parce qu'il y a tout un éventail de profils entre les 2, mais en gros voilà. De mon côté je me rends compte que j'aurais jamais géré grand chose dans ma vie avec la CNV, j'aurais jamais résolu mes conflits au taf et le harcèlement scolaire dont j'ai failli être victime avec un simple "ouin ouin tu me blesses parce que ceci-cela", j'aurais jamais classé le problème avec tonton raciste si j'avais cherché à dialoguer au lieu de couper les ponts, j'en suis convaincue. Parce qu'il existe des tas de gens totalement hermétiques (dans le meilleur des cas) aux états d'âme des autres. Alors on peut aussi refaire le monde, mais l'urgence à échelle individuelle c'est surtout de pas se faire écraser par la roue. J'ai envie de dire, peu importe la méthode utilisée au bout d'un moment. Après je pense ne pas être assez optimiste/confiante/philanthrope pour avoir foi en la CNV dans le monde tel qu'il est, question de point de vue et de vécu.

Je pense aussi aux dérives que ça peut avoir sans même le vouloir. Je peux être totalement à côté de la plaque mais je considère qu'un "tu sais que quand tu fais ça tu me fais du mal ? Recommence jamais parce que tu sais tu me fais vraiment du mal snif snif, regarde je suis vraiment triste" penche presque plus du côté manipulation/culpabilisation qu'un simple "bon là tu me soûles, désolée, je me tire" concis et net sans arrière pensée. En ça, je trouve la première alternative plus violente que la deuxième.
Je pense aussi à une prise de bec qu'on a eu avec mon conjoint récemment, lequel s'essaie (s'essayait) volontairement à la CNV dans notre couple alors que c'est pas tellement son mode de fonctionnement initial. Au terme d'une discussion (où j'étais pas de mauvaise foi et plutôt relax), il est parti en live en mode "MAIS TU COMPRENDS PAS QUE ÇA ME BOUFFE UNE ENERGIE INCROYABLE CETTE CNV A LA CON, ALORS TU VAS ARRÊTER DE ME FAIRE CHIER MAINTENANT". On a rarement eu un échange aussi violent en 13 ans, enfin jamais avec ce genre de mots, et je pense qu'on va revenir à un mode de communication intermédiaire qui fait bien mieux ses preuves, où on se dit les choses cash mais sans se juger et surtout en étant nous-mêmes sans avoir l'impression d'être mielleux et de surjouer, sans feindre ce qu'on est pas, sans feindre un modèle de verbalisation qui n'est pas le nôtre. Pas du tout pour dire que la CNV c'est le mal, mais que quand c'est trop éloigné de notre personnalité, même en voulant s'y essayer de son plein gré ça risque d'engendrer plus de violence liée à la frustration ou à l'impression d'aller contre sa nature qu'une simple explication plus spontanée et moins intellectualisée.

Je suis devenue adepte d'une communication plus safe et moins violente avec le temps, où on appuie pas sur les points sensibles des gens même quand ils nous gonflent prodigieusement, où c'est bien de ne pas dégainer sa mauvaise foi à chaque fois qu'on est contredit.e, où c'est parfois bénéfique de se remettre en question, où on a pas toujours besoin d'avoir le dernier mot pour se sentir valorisé (parce que j'ai beaucoup agi comme ça par le passé et je me rends compte que c'est pas cool). Je travaille encore sur le "ne pas faire payer les autres pour une colère/frustration dans laquelle ils ont rien à voir". Par contre hors de mon cercle proche de confiance (donc pas grand monde), j'agirai toujours en miroir des autres ("tu es con donc je suis conne, tu es sympa je suis sympa, tu es indifférent je suis indifférente, tu veux être désagréable ne joue surtout pas à ce petit jeu avec moi pour ton propre bien, tu veux dialoguer tranquille d'un truc qui t'a chiffonné allons y je suis open"). Je dis pas que c'est bien ou que c'est la meilleure solution, mais c'est moi avec mon fonctionnement et mes convictions. Je sais que la CNV dans sa globalité n'est pas faite pour moi.

Après j'admire quand même un peu ces gens qui partent du principe que l'être humain est naturellement bon, qui arrivent à tout verbaliser en partant du principe que ce sera bénéfique, qui savent identifier leurs émotions au bon moment, qui croient en un monde meilleur avec une communication plus zen, qui ont envie de se changer et d'insuffler du positif autour d'eux, qui se reconnaissent dans ces conseils. J'ai du mal à comprendre, mais j'admire un peu ça. Avec incrédulité mais sans cynisme.

Edit : coquille
 
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Merlu

Le troisième type, c'est moi
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Devant ton nez
J'ai aussi cette impression, que les adeptes de ce mode de communication pèchent par excès de philantropie en partant du principe qu'un conflit vient forcément d'une communication défaillante.

Alors que dans les faits, il y a vraiment des gens qui ne fonctionne que par le conflit et qui soit s'en foutent de tes ressentis, soit prennent plaisir à te faire te sentir mal. Et là, la CNV est au mieux inefficace, au pire elle se retourne contre toi.
 

Fonkey_fanini

Well-known member
8 Jan 2019
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Je suis assez d’accord avec les commentaires précédents. Ça fait des merveilles entre personnes ouvertes mais sinon c’est le blocage. Mais ça marche vraiment bien avec les gens de bonne volonté, c’est déjà ça !!

D’ailleurs l’exemple du travail donné me fait me sourire/rire jaune. « Ca me fait de la peine quand tu dis que je suis nulle »: en fait rabaisser une personne parce qu’on n’est pas content de son travail, c’est inacceptable. Dire à quelqu’un qu’elle est nulle est inacceptable et ne présage pas une sensibilité à la CNV. Dans cet exemple, la seule solution acceptable selon moi est de taper du poing sur la table en disant qu’on n’en tolère pas de se faire rabaisser, quand bien même on aurait pu mieux faire (et certaines circonstances rendent ça impossible, je le sais bien ...)


Bref c’est intéressant de promouvoir et d´expliquer la CNV, mais mes critiques de ces articles sont:
- qu’elle n’empêche pas les impasses, je ne pense pas que dans 100% des cas la personne ne veuille pas blesser, donc il faudrait être plus modéré pour la montrer comme un super outil avec des gens ouverts
- de ne pas sous-entendre que se faire rabaisser est une pratique acceptable qu’on peut résoudre en inondant de bienveillance quelqu’un
 

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
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J'ai la chance d'avoir un entourage personnel qui est à fond dans la communication bienveillante et tous les trucs de développement personnel. Du coup c'est quelque chose que j'expérimente au quotidien, on en parle entre nous (niveau théorie, et on pratique régulièrement :cretin:), on en parle autour de nous... Je me reconnais tout à fait dans :
Après j'admire quand même un peu ces gens qui partent du principe que l'être humain est naturellement bon, qui arrivent à tout verbaliser en partant du principe que ce sera bénéfique, qui savent identifier leurs émotions au bon moment, qui croient en un monde meilleur avec une communication plus zen, qui ont envie de se changer et d'insuffler du positif autour d'eux, qui se reconnaissent dans ces conseils. J'ai du mal à comprendre, mais j'admire un peu ça. Avec incrédulité mais sans cynisme.
Parce qu'effectivement je pense qu'avec une meilleure communication et plus d'empathie, on pourrait vraiment créer un monde meilleur ( :free:) et j'ai la chance de me créer mon petit monde meilleur avec mon entourage de gens un peu hippies toujours prêts à m'aider à comprendre mes émotions et les exprimer de la façon la plus précise possible, dans le but de me sentir mieux avec moi-même et avec les autres. Du coup je suis hyper contente de voir Rockie en parler, et globalement que ces concepts émergent de plus en plus au niveau du "grand public".

Comme d'autres je pense aussi que la CNV fonctionne bien si on est face à des personnes qui veulent bien communiquer sur ce mode aussi, et qui sont bienveillantes. Face à des cons, bah :dunno: Effectivement on peut se heurter à un mur. Après je pense sincèrement que *si* tout le monde souhaitait/savait communiquer de façon bienveillante, on vivrait dans une société plus agréable pour tout le monde, et je me dis que même si "le monde entier" est un bien gros objectif, c'est déjà bien si une minorité de gens décident de vivre dans ce mode-là. Parce qu'on commence à 1, puis 2, puis 10, etc... Et je remarque dans ma vie que je rencontre de plus en plus de gens dans cette dynamique, ce qui m'encourage à continuer et en parler autour de moi car au final je suis dans des relations saines, avec des gens authentiques autour de moi avec qui je peux être en confiance.

Néanmoins, dans le monde du travail, je pense qu'il y a des limites non seulement dans la possibilité de communiquer ainsi, mais aussi dans ce que dit @Fonkey_fanini et d'autres, à savoir laisser passer des situations inacceptables et essayer de les "solutionner" via la CNV alors que de base ce genre de situation ne devrait même pas se produire. Ça me fait penser au moment où les entreprises ont commencé à vouloir "rendre heureux leurs salariés", pour plus de bien-être au travail etc., quand au final c'est juste devenu un outil d'optimisation de la productivité des gens, et non pas une réelle volonté de rendre les gens heureux (et qui peut facilement se transformer en "j'adore mon entreprise, ils sont tellement cools, du coup je vais rester dispo H24 parce qu'ils le méritent :loveyes:" -> non.)

Bref ce commentaire long et pas forcément constructif pour dire que la CNV j'y crois, ça me fait du bien dans mon quotidien et mes relations aux autres, et je suis persuadée que plus on éduquera les enfants dans ce mood-là, plus les adultes seront aussi dans cette dynamique et meilleur le monde sera. Mais que ça prend du temps, que les mentalités changent à l'échelle de plusieurs générations et que donc on ne peut pas attendre un résultat immédiat là tout de suite, même si c'est frustrant.
:unicorn:
 

Ann Ha

Well-known member
6 Jan 2019
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Il y a quand même pas mal de situations où chacun est persuadé d’être légitime à s’énerver et où de la CNV peut éviter à la situation de dégénérer.
Après, je trouve que ça demande beaucoup d’énergie dans un moment où souvent on est déjà en difficulté. Je suis admirative de ceux qui arrivent à le mettre en place. C’est pas encore mon cas...
 

Martesmartes

Well-known member
3 Fev 2019
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Je doute que la CNV donne des résultats sur tonton raciste, mis à part des «ouin ouin, on peut plus rien dire» ou «les gens sont tellement fragiles de nos jours». Encore une fois, si la personne en face est de mauvaise volonté, la CNV ne sert à rien.
Je ne pas une adepte de la CNV et je pense que c'est plus un idéal qu'un principe de vie, mais je me rends compte que j'y tends de plus en plus car ces derniers temps je cherche à devenir plus apaisée (vaste chantier:yawn:).
Je dirais que dans le genre de cas que tu décris @Merlu, la CNV n'aura aucun impact sur Tonton, mais qu'elle aura un impact non négligeable sur moi-même. Si malgré tout le caractère épineux de la conversation je ne me suis pas énervée, j'ai lâché prise sur ma capacité à convaincre mon interlocuteur, je me laisserai beaucoup moins bouffer par des pensées du genre : "quel connard, il avait l'air d'être content de lui", "je suis vraiment trop conne j'aurais dû lui répondre ça" ou "en m'énervant j'ai apporté de l'eau à son moulin", en bref j'arrêterai de me faire du mal a posteriori ou dans la perspective d'échanges avec des connards.
 

Laurigine

Well-known member
3 Jan 2019
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Je suis partagée sur le sujet.
Au fonds de moi, je suis persuadée comme toi @Ecureuille
Parce qu'effectivement je pense qu'avec une meilleure communication et plus d'empathie, on pourrait vraiment créer un monde meilleur
et clairement, la bienveillance fait partie de mes valeurs fondamentales, que je souhaite appliquer dans toutes les circonstances possibles.

Néanmoins, j'ai aussi bien conscience qu'essayer d'apaiser les conflits et d'amorcer la discussions est souvent vu comme de la gentillesse (qui est devenu un défaut...su-per !), de la faiblesse et que le terme "bisounours" n'est jamais bien loin.
Mais je suis et resterai de la team "les petits ruisseaux font les grandes rivières" et j'aimerai essayer et continuer de voir des gens autour de moi essayer de rendre la communication moins virulente et plus constructive.

Je pense sincèrement que sur ce point, on est à un tournant. Les échanges deviennent de plus en plus tendus sur n'importe quel sujet, tout avis conduit chacun à camper sur ses positions, les biais de confirmation sont devenus la norme, tout cela est exacerbé par des réseaux sociaux où il est de bon ton d'aller aboyer et insulter ceux du "camp adverse".
Et pourtant, si sur les petites choses du quotidien, qui une fois accumulée forment une rancœur tenace, on arrivait à poser des bases saines, à dire à l'autre exactement ce qui nous a posé problème, sans accusation mais en pointant précisément ce qui a pu être problématique, je suis convaincue que le climat de communication global redescendrait d'un niveau et que le dialogue pourrait se rétablir.

Il est vrai que le travail est vecteur de beaucoup de difficultés à ce sujet, ne serait-ce que parce que les rapports de hiérarchie qui y existent viennent nécessairement gripper les communications. A mon sens, c'est aussi beaucoup dû au fait que très peu de gens sont de bons managers de façon innée. Et même avec des formations et de l'expérience, manager des gens n'est clairement pas à la portée de tout le monde.

Toutefois, pour essayer en ce moment même de mettre la CNV en pratique au boulot, je suis d'accord avec @Ann Ha, ça demande beaucoup d'abnégation dans la mesure où ça concerne des sujets sensibles ou épidermiques. A l'heure actuelle, j'ai toujours besoin de d'abord redescendre d'un étage émotionnellement avant de pouvoir envisager une communication à froid qui se voudrait constructive (team sanguine au rapport :ninja:)
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
La CNV me parît tellement à contre-courant de notre époque, où des politiciens peuvent se montrer grossiers et insultants sans que ça ne choque plus personne et où les menaces de mort prennent comme une envie de pisser
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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La CNV, je trouvais le concept intéressant, comme beaucoup d'autres choses travaillées en thérapie; un peu moralisateur, mais en triant certains items, j'ai pu les rajouter à ma valise "Ow, mais comment communiquer?"

Mais bon, j'ai quelques partages d'expérience à faire:

- une collègue bisounours, que j'ai vue venir de loin avec ses gros sabots, parlant avec les yeux un peu trop écarquillés et un peu trop dirigés de mon côté… de son stage du week-end (CNV). Et me lance "Tiens ça pourrait t'intéresser"...

(A l'époque, j'étais un peu cash, par exemple avec les gens qui venaient déverser sur moi leur garde du dimanche, au sujet d'un client dont je ne suis pas référente, et alors que j'étais en train de galoper pour pouvoir partir en tournée (chargée). A ma question "Pourquoi tu viens me parler de ça?", une nénette s'énerve, jette sa sacoche par terre. Avec le recul, je me dis que j'aurais pu enrober, dire "Vois ça avec la référente, là je dois partir" et au besoin utiliser la technique du disque rayé. Et là, c'est plus une question d'assertivité qu'autre chose - j'y reviendrai.)

Mais en soi, la bisounours qui m'a lancé la suggestion de m'intéresser à la CNV, rétrospectivement, j'ai trouvé sa communication d'une violence malsaine, larvée. Comme quoi c'est pas la forme qui importait en l'occurrence, (même si elle croyait sincèrement être bienveillante), mais le contenu. En l'occurrence, justement, cette espèce de bienveillance dévoyée, qui pointe de manière relou un truc que l'on voudrait, en "bienveillant", voir changer chez l'autre (c'est de la projection, ça). Sur le moment, j'étais assez en pétard, et de manière sourde (je ne comprenais pas bien ce que je ressentais) pour avoir envie de l'envoyer baigner, je me suis retenue juste à temps, ne voulant pas apporter de l'eau à son moulin.

Et là je dis "balaie devant ta porte"...



- pas mal de situations vécues et retravaillées en thérapie me reviennent en mémoire - je vois ça réactivé en regardant "Douanes sous haute surveillance" : ça sert à rien de marteler de manière répétitive des arguments juridiques qui viennent de plus haut pour que le quidam dont on saisit la bagnole accepte tranquillement la sanction. Et dans certaines situations où on est détenteur du pouvoir par délégation, c'est assez facile de faire monter les tours à quelqu'un, de manière à le faire atterrir en contention, en détention ou même en hôpital psychiatrique.

Et l'attitude intimidatrice d'un douanier d'aéroport réputé avoir une immense expérience m'a révoltée... clairement il mettait le voyageur dans une situation où la réponse ne pouvait qu'avoir un impact négatif sur la suite de la fouille.

J'ai obtenu des succès qui se rapprochaient (pas plus!) du genre win-win en quittançant simplement la colère de mon interlocuteur.

Donc le truc que j'ai ajouté avec les années à ma valise "comm'", c'est cette histoire de quittance, des paroles ET de l'état émotionnel de l'interlocuteur, quitte à dire "T'es trop énervé pour que cette discussion se passe sans dommage, comme je vais aussi me mettre à gueuler, on arrête là, on s'en recause dans un moment".



- assertivité: là il est moins question de faire valoir son point de vue, que de faire valoir le fait de s'exprimer. Encore du boulot de thérapie, qui a à voir avec l'estime de soi, qui avec le temps vient contrebalancer le besoin d'estime de la part des autres (voir la pyramide de Maslow).

Le truc qui m'a le plus aidée en l'occurrence, c'est de différencier faits, opinions et sentiments.

Enoncer un fait est neutre, c'est un constat - et pas si facile que ça à produire!.

Enoncer une opinion, c'est personnel et pas toujours bienvenu. Si le but est de travailler sa bienveillance, alors je pense que l'on doit au préalable s'enquérir des dispositions de la personne à qui on exprime son opinion, à recevoir cette opinion. Sinon, ça tourne vite à l'intrusion invasive.

J'ai en mémoire une bécasse "bienveillante" qui me suggérait de plus baiser pour rééquilibrer mon mental qui fonctionnait trop bien, à son idée... bécasse que j'ai cessé de fréquenter après qu'elle m'ait finalement prise en otage, m'envoyant visiter des parents et leur bébé en soins palliatifs en disant "ça leur fera plaisir": le père m'a gentiment foutue à la porte, j'arrivais comme un cheveu sur la soupe; pour info, la bécasse en question, naviguant entre les anges, la méditation transcendantale, les guérisseurs philippins et le développement de sa méthode de thérapie qui consistait à produire des sons en posant sa bouche sur les chakras de ses clients… a fini par atterrir en hôpital psy avec le diagnostic de schizophrénie. Pleine de bonnes intentions la fille, mais avec tendance à aller manipuler les bidons de TNT des autres, ce qui réactivait les siens.

Enoncer un sentiment, un ressenti, c'est tout aussi délicat à gérer. Encore faut-il différencier ce qui est bon à poser, pour que l'autre puisse progresser (et il est seul maître de décider ce qui est bon, là, maintenant tout de suite), et ce qu'il faut garder pour soi, en se demandant si réellement on est dans la bienveillance envers l'autre, ou en train de chercher à satisfaire un besoin perso, de manière égocentrique, sous couvert d' "aider".

On ne s'improvise pas psychologue - et encore parmi les psys, il y a des taches monumentales, des prescripteurs, ou simplement des gens qui ne se rendent pas compte qu'ils ont de l'emprise sur leur client. Je pense en particulier à une psychologue qui m'avait dit de mettre mon sentiment en pâte à modeler; j'ai acquis le matos, c'était cher… il est resté intouché des années dans un petit coin avant que je le donne à quelqu'un que ça passionnait.


Avec le temps, ma valise "comm", après des années de modération contraignante (je me tassais), s'est apurée: je redeviens cash, mais en demandant d'abord si je peux faire une remarque perso /en m'abstenant si la réponse est Non. En super-raccourci: franchise et diplomatie. Enfin, j'essaie… :unsure::unsure::unsure:

A quelqu'un qui vient avec une demande voilée, je demande quelle est la vraie question / de quoi la personne a besoin, en précisant que si c'est à ma portée (volonté ET envie ET temps à disposition), c'est OK.
En parlant, je tente au max' de préciser si j'énonce un fait/un ressenti, par exemple: j'ai l'impression que cette situation (ce fait) ressemble à (…).
Et je me garde mon opinion perso le plus possible, sauf si elle est expressément demandée, et en précisant pourquoi j'ai cette opinion (mes filtres).


Conclusion: CNV, outil intéressant, mais s'il est mal utilisé, entretenant ou générant juste un peu plus de caca. Tout comme la PNL, ainsi que d'autres méthodes douteuses selon les mains de qui les emploie - surtout ceux qui se pensent et se voient en mission auprès d'autrui, je veux parler des "altruistes", personnes ou institutions, qui pensant sincèrement qu'intervenir EST la solution - la solution pour moi, c'est plutôt PROPOSER, et laisser les personnes accoucher elles-mêmes de leur mieux-être, en laissant de la place pour qu'ils puissent développer un esprit critique, et trier eux-mêmes ce qu'ils jugent bon... pour eux-mêmes.
 
Dernière édition:

Scotty

Member
29 Avr 2019
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Contrairement aux avis partagés au dessus, j'utilise la CNV, et je trouve que c'est une méthode qui fonctionne très bien. (Et je ne suis pas particulièrement philantrope :cretin:). C'est un outil intéressant, qui m'a permis de verbaliser des choses que j'avais du mal à exprimer, alors que mon éducation / ma personnalité ne se prêtent pas à ce genre d'épanchement.
Donc je suis pour ma part très contente que quelqu'un m'ait un jour montré ce type de solution, alors que j'avais tendance à être très "cash" / colérique / renfermée / m'écraser (suivant le contexte et l'humeur).

Je pense que c'est aussi la terminologie de "Communication Non Violente" qui fait que pas mal de personnes se sentent attaquées personnellement, comme si on les accusait d'être violents parce qu'ils n'utilisent pas cette méthode. Ce qui ne fait pas vraiment sens quand on a lu les ouvrages sur la question, qui posent un peu la méthode comme une éthique personnelle ; aussi, Thomas d'Asembourg la décrit comme une méthode qui " permet de se relier efficacement à soi et à l'autre", et, à titre perso, je trouve que c'est effectivement l'idée, que les besoins de chacun soient entendus dans l'échange. Quand on a vraiment un message un peu désagréable à faire passer à quelqu'un avec qui on souhaite faire attention à son message, et qu'on est mal rien que d'y penser, ça donne des billes auxquelles se raccrocher pour faire passer son message et faire redescendre la pression calmement :happy:

Maintenant, comme dit le proverbe "si le seul outil qu'on a est un marteau, le monde ressemble à un clou" : il ne s'agit pas d'utiliser la CNV dans toutes les situations de conflit - face à de la mauvaise foi ou dans un rapport de pouvoir avec sa hiérarchie, il devient vite compliqué de l'utiliser. Par contre, des méthodes de management qui ressemblent très fortement à la CNV s'appliquent dans certains de ces cas, et il peut être intéressant de manier plusieurs types d'outils avant d'être un peu plus "cash".
Un exemple, j'ai été dans une relation toxique avec un ancien ami il y a quelques années, cette méthode m'avais permis de "sortir du bois" et d'exprimer ce que j'en pensais de manière factuelle : ça n'a pas empêché que je coupe les ponts quelques mois plus tard parce que cette personne n'entendait pas, malgré mes "alertes" :happy:
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Quand on a vraiment un message un peu désagréable à faire passer à quelqu'un avec qui on souhaite faire attention à son message, et qu'on est mal rien que d'y penser, ça donne des billes auxquelles se raccrocher pour faire passer son message et faire redescendre la pression calmement :happy:
Claro, bien vu. Pendant 4 ans, comme formatrice en soins, je devais faire un bilan mi-parcours avec des personnes qui arrivaient avec peur en entretien.

Première règle: gratifier d'abord, dire ce qui va bien. Donc désigner ce qui n'a pas besoin d'être retravaillé, pour que les forces soient préservées pour bosser sur ce qui doit être amélioré.

Deuxième règle: poser les choses qui ne vont pas comme des choses à améliorer, et donner des pistes.

Sur la question de dire un truc désagréable, maintenant.

C'est arrivé 2-3 fois que je doive prendre quelqu'un à part entretemps pour lui signaler quelque chose à changer vite. Exemple: le gars, seul homme de sa volée, qui démultipliait les remarques désobligeantes envers la gent féminine en général.

Et là, on est plutôt dans l'entretien motivationnel: "Vous avez remarqué comme vos commentaires appellent des réactions tendues chez vos camarades?" "Oui mais bon, y'a rien là (le gars est québécois)". "OK, vous voyez les choses comme ça; avez-vous pensé à l'ambiance des équipes féminines dans lesquelles vous allez travailler à l'avenir, et ce que vous pouvez vous attirer comme ennuis?". Là il a commencé à réfléchir… et me sort que c'est des choses qui l'énervent quand il les voit chez sa femme, qu'il y a de l'eau dans le gaz à la maison… et finit par arriver tout seul sur le fait qu'il servait imprudemment des factures "couple" aux mauvaises clientes… Il a calmé sa joie ensuite.

Une autre fois, deux participantes insupportables et foutant le binz en cours, en mode "copines qui copinent", côte à côte - ça allait faire… à la pause, je dis entre quat'zyeux à l'une d'entre elles de prendre ses affaires et d'aller se placer à la table près de mon bureau, loin de sa copine.

Je les retiens les deux à la fin de la journée; leur exprime que c'est perturbateur pour tout le monde; et leur annonce ma décision de les séparer pendant les cours - que je vais partager l'incident avec mon binôme, qui verra, elle, lors de ses propres cours, si elle veut les séparer ou pas. Mon binôme entérine la décision.

Lors d'un bilan avec un mec genre motard, ex-patron de bistrot, belle gueule, en mode séduction permanent, j'aborde par la bande le souci que je vois à traiter: dans la relation avec le patient, utiliser ce mode pour obtenir un comportement de compliance, à la limite de la manipulation. Le gars a percuté illico, il sentait en effet que quelque chose ne jouait pas, il ne pouvait pas faire l'ambianceur comme dans son troquet. Ses interventions ont nettement gagné en pertinence, tout en se réduisant.
 
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... je me sens coincée: mon patron change les façons de procéder à certaines choses quand ça le chante mais énonce toujours la nouvelle règle sous la forme "enfin, c'est quand même bien simple, j'ai TOUJOURS dit qu'il fallait faire comme ça, alors on fait comme ça, point". Le problème c'est qu'il dit ça pour toutes les versions différentes de ses règles et que ça change environs toutes les semaines. Mais on se fait quand même engueuler quand on n'a pas deviné quelle était la nouvelle règle.
Bel exemple de comportement pervers narcissique. La seule recommandation que j'ai jamais entendue pour faire face: se tirer!
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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@Clem' Par les temps qui courent, je ne conseillerais pas ça. Si tu as de grosses dépenses sous les bras et aucune garantie de retrouver un boulot rapidement, quitter son job est un luxe que tu ne peux pas te permettre.
 
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@Clem' Par les temps qui courent, je ne conseillerais pas ça. Si tu as de grosses dépenses sous les bras et aucune garantie de retrouver un boulot rapidement, quitter son job est un luxe que tu ne peux pas te permettre.
C'est une recommandation que je rappporte, pas un conseil.
 

doby74

Well-known member
3 Jan 2019
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Pas mal le "pourquoi". J'ai une amie que j'apprécie beaucoup mais qui est très adepte des petites phrases blessantes, des petites piques. Je ne sais pas pourquoi mais elle le fait à tout le monde, je pense qu'elle ne se rend pas compte qu'elle blesse les gens sur fond d'humour et passe finalement pour une donneuse de leçons.. Je n'ai jamais voulu réagir a ses piques car souvent faîtes en publique je n'ai pas envie de jeter un froid mais oui peut être a l'occasion d'une conversation posée je pourrais lui demander pourquoi elle fait ça et peut êetre que ça amorcera la conversation.
 

Clem'

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Pas mal le "pourquoi". J'ai une amie que j'apprécie beaucoup mais qui est très adepte des petites phrases blessantes, des petites piques. Je ne sais pas pourquoi mais elle le fait à tout le monde, je pense qu'elle ne se rend pas compte qu'elle blesse les gens sur fond d'humour et passe finalement pour une donneuse de leçons.. Je n'ai jamais voulu réagir a ses piques car souvent faîtes en publique je n'ai pas envie de jeter un froid mais oui peut être a l'occasion d'une conversation posée je pourrais lui demander pourquoi elle fait ça et peut êetre que ça amorcera la conversation.
C'est vrai, choisir son moment, sans témoins… j'ai remarqué aussi que les piques, étrangement, peuvent ne se manifester que devant un public.
Une manière de se faire valoir?
 
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