3 femmes racontent comment elles ont réussi à quitter un conjoint violent

Oceane

Responsable des témoignages sur madmoiZelle
25 Juin 2019
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#1
Au moment où j’écris ces lignes, 101 femmes sont mortes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France depuis le 1er janvier 2019. Et cela fait une semaine que je lis difficilement mais avec beaucoup d’attention tous les témoignages que vous, Rockies et madmoiZelles, m’avez envoyé sur les violences psychologiques et physiques que vous avez vécues au sein de votre couple.
Vous avez été très nombreuses à avoir le courage de me raconter votre histoire, nombreuses à faire cet effort pour pouvoir donner un signal d’alerte à celles qui vivent peut-être la même situation où y assistent dans leur entourage.
Merci pour ça, sincèrement. Et la quantité de témoignages que j’ai reçus en seulement une semaine prouve bien l’ampleur systémique de ce fléau.
Il a été très compliqué pour moi de ne sélectionner que trois témoignages pour cet article, mais c’était nécessaire pour vous donner autant de détails que possible.
Le film Vigilante qui traite des violences conjugales
Si je vous ai...
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Dernière édition par un modérateur:

Julie Coton

turquoise forever
2 Jan 2019
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#3
:tears::tears::tears:
Plein de soutien et de courage à tou.te.s celleux qui vivent ou ont vécu ce genre de chose.
J'avoue que lire ça, là, et savoir que c'est pas rare, que c'est même courant et que plein de gens vivent cette réalité en ce moment, oah... Je me sens triste et en colère, je comprends pas comment c'est possible, pourquoi ça existe :goth:
Je trouve ça chouette d'avoir axé sur des femmes qui ont réussi à s'en sortir. Bravo à vous franchement :supermad:
Mais mis en parallèle avec le nombre de meufs tuées par leur conjoint qui circule beaucoup ces derniers temps, c'est, pff, hh.
C'est vraiment un monde de merde.
 
27 Fev 2019
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#5
ce genre de comportement chez les hommes est tellement courant… c'est le plus effrayant. en lisant les témoignages j'ai l'impression de lire ma propre histoire. et je sais à quel point malheureusement cette expérience, pratiquement fait pour fait, mot pour mot, est répandue.

force et courage à mes sœurs.

si j'avais un seul pouvoir magique, je voudrais que ce soit de me changer en créature suprêmement forte et agressive ( genre les Démogorgones de Stranger Things par exemple) et de cibler spécifiquement ces hommes-là! je ne ressens du chagrin et de la compassion que pour les femmes victimes, eux, même si certains ont des enfances pourries ou je sais pas quoi qui """explique""" leur comportement, ils CHOISISSENT au final d'être des grosses merdes (et encore, la merde, c'est utile, ça fait de l'engrais). parce qu'on a toujours le choix de rester un être humain à peu près décent malgré les trucs qu'on a vécus.
 
11 Jan 2019
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Somewhere in east Asia
#7
Ce que j’aimerai savoir c’est pourquoi ces hommes sont comme ça ???
Un besoin de posséder, de dominer et de contrôler pour se sentir exister peut-être? Je ne comprends pas non plus surtout qu'un couple est sensé être une team...

Chapeau à celleux qui ont franchi le pas malgré la peur et le reste. Force et courage aux autres... Mieux vaut être seul.e que piétiné.e.
 
3 Jan 2019
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#8
J'ai aussi vécu presque mot pour mot le même genre de relation, assez jeune aussi (de 15 à 20 ans, et je pensais que c'était moins répandu que les violences conjugales chez les femmes plus âgées, type mariée avec enfants) :

- Ça a aussi commencé par une présence étouffante et une pression sexuelle quand on était au lycée : lui travaillait déjà, je devais l'appeler toutes les heures entre chaque cour par exemple, et je ne compte pas le nombre fois ou on a fait l'amour parce que lui voulait mais moi pas vraiment, ou genre dans des circonstances ui me mettait mal à l'aise (dans sa voiture, dans une chambre à part pendant une soirée etc) mais je ne souviens même pas avoir dit non une seule fois.
- Les violences verbales aussi: lui aussi me faisait des remarques sur mon physique, contrôlait tout ce que mangeais parce que j'étais "grosse" tandis qu'il se faisait des steaks hâchés baignant dans le beurre tous les soirs...
- La montée de la violence physique : je ne me rappelle pas exactement de la 1ère claque mais je me rappelle bien de la 1ère fois ou j'ai vraiment eu peur.
- L'incapicité de rompre, vraiment je ne me l'explique pas. Une fois, j'y étais presque (il habitait chez moi) et il était à la porte avec ses affaires à me supplier, et je n'ai pas reussi à aller jusqu;au bout, alors qu'à la seconde où j'ai cédé je me disais déjà que c'était une erreur... Et je suis restée encore plusieurs mois après ça.
J'ai réussi à rompre parce que j'étais finalement physiquement loin de lui (en échange universitaire à l'étranger).
- l'après-rupture horrible aussi : pas autant que dans les témoignages, mais quand je suis revenue de mon année à l'étranger, j'ai appris qu'il avait envoyé les "nudes" que je lui avait envoyé à tous les jeunes de notre quartier (on était voisins à la base, on se connaissait tous), donc sympa le soft revenge porn, et un jour en sortant de boite à genre 7h du matin il est venu hurler à la mort devant chez mes parents (ou j'habitais à ce moment là) que je lui manquais etc...

J'ai rencontré quelqu'un de normal seulement un mois après notre rupture, et je n'ai pas eu l'impression d'avoir eu des difficultés à m'en remettre sur le moment, mais aujourd'hui (presque 10 ans plus tard), je me demande quel impact ça a eu sur moi et sur mes relations futures sachant que c'était mon premier copain.

Je voulais demander aussi à celles qui ont vécu la même chose, comment vous en avait parlé à vos proches ou à vos copains après ça ? Je ne l'ai jamais dit à personne. Pendant longtemps j'avais honte et encore aujourd'hui avec mes amies qui l'ont connu j'utilise des euphémismes du genre "ouai il était un peu taré" mais personne ne sait vraiment la vérité. Des fois je voudrais le dire à mon copain actuel (ensemble depuis 3 ans) mais je ne sais pas comment, c'est pas vraiment un sujet qui peut venir naturellement "au fait tu savais que j'ai été victime de violence domestique quand j'étais jeune ?", pareil avec mes amies je ne sais pas comment leur dire "au fait, il était pas juste taré, il me tapait dessus...". Pas que ça soit siii important mais je me dis que de ne pas être honnête par rapport à cette expérience, c'est comme si j'avais encore honte d'avoir vécu ça.
 
24 Mar 2019
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#9
J'ai aussi vécu presque mot pour mot le même genre de relation, assez jeune aussi (de 15 à 20 ans, et je pensais que c'était moins répandu que les violences conjugales chez les femmes plus âgées, type mariée avec enfants) :

- Ça a aussi commencé par une présence étouffante et une pression sexuelle quand on était au lycée : lui travaillait déjà, je devais l'appeler toutes les heures entre chaque cour par exemple, et je ne compte pas le nombre fois ou on a fait l'amour parce que lui voulait mais moi pas vraiment, ou genre dans des circonstances ui me mettait mal à l'aise (dans sa voiture, dans une chambre à part pendant une soirée etc) mais je ne souviens même pas avoir dit non une seule fois.
- Les violences verbales aussi: lui aussi me faisait des remarques sur mon physique, contrôlait tout ce que mangeais parce que j'étais "grosse" tandis qu'il se faisait des steaks hâchés baignant dans le beurre tous les soirs...
- La montée de la violence physique : je ne me rappelle pas exactement de la 1ère claque mais je me rappelle bien de la 1ère fois ou j'ai vraiment eu peur.
- L'incapicité de rompre, vraiment je ne me l'explique pas. Une fois, j'y étais presque (il habitait chez moi) et il était à la porte avec ses affaires à me supplier, et je n'ai pas reussi à aller jusqu;au bout, alors qu'à la seconde où j'ai cédé je me disais déjà que c'était une erreur... Et je suis restée encore plusieurs mois après ça.
J'ai réussi à rompre parce que j'étais finalement physiquement loin de lui (en échange universitaire à l'étranger).
- l'après-rupture horrible aussi : pas autant que dans les témoignages, mais quand je suis revenue de mon année à l'étranger, j'ai appris qu'il avait envoyé les "nudes" que je lui avait envoyé à tous les jeunes de notre quartier (on était voisins à la base, on se connaissait tous), donc sympa le soft revenge porn, et un jour en sortant de boite à genre 7h du matin il est venu hurler à la mort devant chez mes parents (ou j'habitais à ce moment là) que je lui manquais etc...

J'ai rencontré quelqu'un de normal seulement un mois après notre rupture, et je n'ai pas eu l'impression d'avoir eu des difficultés à m'en remettre sur le moment, mais aujourd'hui (presque 10 ans plus tard), je me demande quel impact ça a eu sur moi et sur mes relations futures sachant que c'était mon premier copain.

Je voulais demander aussi à celles qui ont vécu la même chose, comment vous en avait parlé à vos proches ou à vos copains après ça ? Je ne l'ai jamais dit à personne. Pendant longtemps j'avais honte et encore aujourd'hui avec mes amies qui l'ont connu j'utilise des euphémismes du genre "ouai il était un peu taré" mais personne ne sait vraiment la vérité. Des fois je voudrais le dire à mon copain actuel (ensemble depuis 3 ans) mais je ne sais pas comment, c'est pas vraiment un sujet qui peut venir naturellement "au fait tu savais que j'ai été victime de violence domestique quand j'étais jeune ?", pareil avec mes amies je ne sais pas comment leur dire "au fait, il était pas juste taré, il me tapait dessus...". Pas que ça soit siii important mais je me dis que de ne pas être honnête par rapport à cette expérience, c'est comme si j'avais encore honte d'avoir vécu ça.
J'ai vécu la même chose à deux reprises (à presque 10 ans d'écart). Je ne saurais que trop t'encourager à en parler à une personne qui sera à l'écoute (vraiment à l'écoute, pas quelqu'un qui pense connaître mieux que toi la situation), éventuellement de faire appel à un professionnel qualifié. C'est cette deuxième solution qui m'a véritablement permis de me reconstruire, et qui m'avait aussi permis de trouver la force pour rompre avec le deuxième ****.

Je n'en ai jamais parlé à mes parents avec qui la communication est difficile. J'arrive plus facilement à en discuter avec une amie qui était au courant de tout, et m'a beaucoup soutenue pendant ma relation. Aujourd'hui j'arrive aussi à en parler avec mon conjoint, à qui il a été assez facile de me confier. Comme toi, au début, je minimisais : je craignais d'être trop "méchante" vis-à-vis de mon "pauvre ex", puis je ressentais encore de la honte. Le harcèlement téléphonique de mon ex, alors que j'étais passée à autre chose, a été l'occasion de partager davantage les détails de ce que j'avais vécu. Pour moi, la honte et la culpabilité ont contribué à mon silence concernant ces violences subies. Aujourd'hui, ça va bien mieux.

J'espère que l'homme avec qui tu es actuellement, ainsi que tes amis, sauront entendre ce que tu veux leur confier, quand tu t'en sentiras prête. :fleur:
 
12 Jan 2019
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#10
@Justinesmnn mon ex manipulatrice j’ai tout raconté à mon chéri car c’est comme un meilleur ami pour moi, je lui raconte tout. J’ai raconté à mes amies proches aussi mais tous les amis qu’on avait en commun je ne leur parle plus comme ça ça pas de réflexions pour mettre en doutes mes propos
 
You Rock !: Justinesmnn